Immigration : les dirigeants de l’UE ne parviennent pas à résoudre le différend avec la Pologne et la Hongrie

Les dirigeants de l’UE ne sont pas parvenus à résoudre un différend sur la réforme des règles de l’Union en matière d’immigration, la Pologne et la Hongrie ayant refusé de faire marche arrière dans leur bras de fer avec les 25 autres États membres.

Euractiv.com
European Council in Brussels
Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki arrive au deuxième jour du Conseil européen à Bruxelles, Belgique, le 30 juin 2023. [EPA-EFE/OLIVIER MATTHYS]

Les dirigeants de l’UE ne sont pas parvenus à résoudre un différend sur la réforme des règles de l’Union en matière d’immigration, la Pologne et la Hongrie ayant refusé de faire marche arrière dans leur bras de fer avec les 25 autres États membres du bloc.

Au début du mois de juin, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont voté à la majorité qualifiée en faveur de l’instauration d’une relocalisation obligatoire des migrants : les pays refusant de les accueillir étant tenus de payer une taxe de 20 000 euros par migrant. Budapest et Varsovie se sont opposées à cet accord.

Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du sommet, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a qualifié l’accord conclu entre les ministres de l’Intérieur de « tournant décisif ».

Toutefois, lors d’échanges houleux au sommet du Conseil européen à Bruxelles jeudi et vendredi (29-30 juin), les deux pays du groupe Visegrad ont fait valoir que tout système européen de relocalisation des migrants devrait être volontaire et ont déclaré qu’ils refuseraient de payer les amendes de 20 000 euros. Ils se sont également plaints que les projets de loi en question auraient dû être soumis à l’unanimité des États membres plutôt qu’à une majorité qualifiée qui permettait de les mettre en minorité.

« Le commissaire [européenne aux Affaires intérieures Ylva] Johansson a déclaré que le processus n’était pas obligatoire, mais volontaire. Mais lorsque j’ai demandé hier à ce que cela soit inclus dans les conclusions, j’ai appris que ce n’était pas possible », a déclaré le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki.

Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a répliqué en accusant la Pologne et la Hongrie de refuser de respecter les traités de l’UE.

Si les dirigeants européens ont convenu que l’Union devait mettre en place des procédures d’immigration avant l’arrivée des réfugiés et des migrants dans l’UE, l’impasse avec la Hongrie et la Pologne n’a pas pu être résolue.

Les dirigeants européens ont finalement supprimé la question de la migration des conclusions post-sommet, déclarant seulement qu’ils se félicitaient de l’accord d’un milliard d’euros entre Bruxelles et Tunis sur le contrôle des migrants et qu’ils soutenaient « la reprise du dialogue politique dans le cadre de l’accord d’association entre l’Union européenne et la Tunisie ».

Cet accord « souligne l’importance de renforcer et de développer des partenariats stratégiques similaires entre l’Union européenne et les partenaires de la région », ont ajouté les dirigeants.

De manière plutôt inhabituelle, le président du Conseil européen, Charles Michel, a publié son propre communiqué post-sommet sur les discussions relatives à l’immigration, qui fait référence aux plaintes de Varsovie et de Budapest.

M. Michel indique qu’« il est nécessaire de trouver un consensus sur une politique efficace en matière de migration et d’asile » et que « dans le cadre des mesures de solidarité, la relocalisation et la réinstallation devraient se faire sur une base volontaire et que toutes les formes de solidarité devraient être considérées comme également valables et ne pas servir de facteur d’attraction potentiel pour l’immigration irrégulière ».

Bien que la Pologne et la Hongrie ne puissent pas bloquer la législation sur l’immigration et l’asile, sur laquelle les diplomates de l’UE affirment qu’un accord avec le Parlement européen devrait être conclu à l’automne, elles pourraient s’opposer à d’autres dossiers non résolus sur la réforme de la politique migratoire.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]