Incendies en Algérie : l’opposition indépendantiste kabyle veut une « enquête internationale »

L’opposition indépendantiste kabyle a appelé mercredi (18 août) à une enquête internationale sur les incendies meurtriers en Algérie, niant toute responsabilité dans les sinistres et y voyant la main des autorités algériennes.

Forest fire burns near the village of Ait Daoud in the mountainous Kabyle region
Un homme inspecte les dégâts causés à une maison par des incendies dans la région d'Ait Daoud, dans la région de Kabylie à l'est d'Alger, en Algérie, le 13 août 2021. [STR/EPA]

L’opposition indépendantiste kabyle a appelé mercredi (18 août) à une enquête internationale sur les incendies meurtriers en Algérie et le lynchage d’un jeune homme faussement accusé de pyromanie, niant toute responsabilité dans les sinistres et y voyant la main des autorités algériennes.

« Nous demandons une enquête internationale et sur ce jeune homme qui a été immolé [Djamel Ben Ismaïl, NDLR] et sur les incendies » qui ravagent la Kabylie, dans le nord de l’Algérie, a déclaré à l’AFP Aksel Ameziane, porte-parole de « l’Anavad » ou « gouvernement provisoire kabyle », une association fondée par le mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK, indépendantiste).

Né dans le sillage du « Printemps kabyle » de 2001, basé à Paris, le MAK est une organisation illégale en Algérie qui l’a classée comme « terroriste » le 18 mai dernier.

« On a écrit à l’ONU, saisi le Conseil de sécurité, l’Union européenne, l’Union africaine et nous avons des contacts avec Amnesty International », a ajouté M. Ameziane.

Ce dernier a rejeté les accusations des dirigeants algériens selon lesquels le MAK est derrière les incendies qui ont fait au moins 90 morts, selon divers bilans.

« Nous continuons de réfuter ces allégations. (…) Le MAK est une organisation pacifique. Seul l’État algérien la considère comme terroriste » parce qu’elle « conteste les agissements du régime algérien », a estimé M. Ameziane.

Alger s’oppose à toute velléité indépendantiste de la Kabylie, région berbérophone du nord-est de l’Algérie.

Pour le porte-parole, les récents incendies font partie d’un plan « bien échafaudé » par le pouvoir algérien.

« Quand on voit 50 départs de feu synchronisés, le feu qui démarre dans des crêtes… Il faut des moyens pour faire cela », pointe-t-il.

Selon les autorités algériennes, la majorité des incendies qui ont frappé l’Algérie, sont d’origine « criminelle », sans toutefois que la preuve en ait été apportée jusqu’à présent.

Soixante-et-un suspects ont été arrêtés depuis le lynchage et l’immolation le 11 août en Kabylie du jeune Djamel, un meurtre atroce qui a profondément choqué les Algériens.

Certains des suspects ont avoué, selon des témoignages diffusés mardi (17 août) par les télévisions, appartenir au MAK.

« L’histoire du jeune homme est complètement fabriquée », a répondu le porte-parole à Paris.

« Il fallait détourner l’attention de ces incendies car pendant deux trois jours Alger a refusé l’aide internationale », a poursuivi M. Ameziane.

« Nous considérons cela comme non-assistance à peuple en danger. On a laissé mourir des gens », s’est-il indigné.