Ingérence russe : l'extrême droite allemande nie en bloc

Le parti d'extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) a ouvertement soutenu lundi Petr Bystron, l’un de ses principaux candidats aux élections européennes, accusé d'avoir reçu de l’argent de Russie.

EURACTIV Allemagne
German Bundestag debates on reform of the infection protection law
Petr Bystron, député au Bundestag et numéro deux sur la liste de l'AfD pour les élections européennes, a nié en bloc les allégations selon lesquelles il aurait reçu de l’argent lié au Kremlin. [EPA-EFE/ALEXANDER BECHER]

Le parti d’extrême droite allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD) a ouvertement soutenu lundi (8 avril) Petr Bystron, l’un de ses principaux candidats aux élections européennes, accusé d’avoir reçu de l’argent de Russie.

M. Bystron, député au Bundestag et numéro deux sur la liste de l’AfD pour les élections européennes, a nié en bloc les allégations selon lesquelles il aurait reçu de l’argent lié au Kremlin, dans le cadre d’une vase affaire de désinformation qui toucherait le continent européen dans son ensemble.

Le parti a fait le choix de soutenir son candidat, affirmant que l’AfD « doit considérer M. Bystron comme innocent » citant son démenti « véhément » des accusations.

Petr Bystron a en outre affirmé sur le réseau social X qu’il chercherait à obtenir le contenu de l’enquête d’un tribunal bavarois dont il fait l’objet, et qui pourrait déterminer s’il doit être traduit en justice pour faits de corruption.

Le candidat, accompagné par les autres cadres dirigeants de l’AfD, a demandé l’accès aux preuves qui pourraient l’incriminer.

La semaine dernière, le journal tchèque Denik N révélait que le service national de sécurité du pays disposait de fichiers audio impliquant M. Bystron dans une affaire de versement d’argent au média Voice of Europe. Selon Prague, ce média faisait partie d’une opération d’influence pro-russe.

Le Premier ministre tchèque, Petr Fiala, a expliqué qu’une enquête réalisée par le Service tchèque d’information et de sécurité, en collaboration avec d’autres services de sécurité nationaux européens, a révélé l’existence d’un réseau pro-russe à grande échelle. Les activités de ce réseau auraient des « conséquences graves pour la sécurité de la République tchèque et de l’UE ».

M. Bystron aurait été l’un des premiers députés à être « interrogé » par Voice of Europe..

Selon les renseignements tchèques, des politiciens belges, français, allemands, hongrois, néerlandais et polonais auraient reçu des paiements en lien avec Voice of Europe.

Petr Bystron considère que l’enquête vise avant tout à faire flancher l’AfD à l’aune des élections européennes. L’AfD « ne permettra pas que sa campagne électorale soit dictée par des accusations manipulatrices émanant de services de renseignement étrangers », a-t-il affirmé à plusieurs médias.

Alors que la direction de l’AfD a apporté son soutien à M. Bystron, la tête de liste d’extrême droite Maximilian Krah a demandé à son numéro deux d’éviter toute apparition publique jusqu’à ce que l’affaire soit résolue.