Invité par Vladimir Poutine, Robert Fico se rendra en Russie malgré la position ferme de l’UE

Alors que l’UE tente d’afficher une position unifiée et ferme vis-à-vis de la Russie, le Premier ministre slovaque Robert Fico défend sa visite prévue à Moscou le 9 mai prochain.

EURACTIV Slovaquie
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Robert Fico a défendu son intention de se rendre à Moscou en expliquant qu’il s’agissait d’un hommage au rôle joué par l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale. [EPA/Alexander Zemlianichenko]

Alors que l’Union européenne (UE) tente d’afficher une position unifiée et ferme vis-à-vis de la Russie, le Premier ministre slovaque Robert Fico (SMER-SD) défend sa visite prévue à Moscou le 9 mai prochain.

Robert Fico a défendu mercredi 27 novembre son intention de se rendre à Moscou sur invitation du président russe Vladimir Poutine pour assister aux célébrations de la victoire sur le fascisme le 9 mai 2025, expliquant qu’il s’agissait d’un hommage au rôle joué par l’Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Il a par ailleurs balayé les inquiétudes des journalistes qui l’interrogeaient sur les dommages que ce voyage pourrait causer à la position unie de l’UE sur la guerre que mène actuellement la Russie en Ukraine.

« Pourquoi diable cela vous dérange-t-il que je veuille honorer la mémoire de personnes qui sont mortes dans la folie du fascisme ?  », a-t-il réagi.

Le service de presse de la politique étrangère de l’UE a décliné la demande de commentaires d’Euractiv Slovaquie, mais a réaffirmé la position unifiée du bloc vis-à-vis de la Russie.

« Tout contact bilatéral d’un État membre avec le régime de Vladimir Poutine devrait respecter et véhiculer les positions et les politiques de l’UE — appeler [Vladimir] Poutine à mettre fin à l’agression, à se retirer de l’Ukraine et à commencer à respecter le droit international », a indiqué un porte-parole de l’UE à Euractiv Slovaquie.

Il a ensuite rappelé le mandat d’arrêt international émis à l’encontre de Vladimir Poutine par la Cour pénale internationale (CPI) pour le rôle joué président dans les enlèvements forcés d’enfants ukrainiens.

« Il y a également de plus en plus de preuves de crimes de guerre commis par les forces russes sous le commandement de Vladimir Poutine contre le peuple ukrainien », a-t-il expliqué.

Le Kremlin a « perdu toute crédibilité internationale », car en attaquant l’Ukraine, il a violé effrontément le droit international et les accords qu’il avait conclus avec Kiev.

Tout en réitérant la position de l’UE à l’égard de la Russie, le porte-parole a souligné qu’in fine, c’est Vladimir Poutine qui ne rend pas hommage aux victimes du passé.

« En menant cette guerre néo-impérialiste [en Ukraine], Vladimir Poutine piétine la mémoire de tous ceux qui se sont battus pendant la Seconde Guerre mondiale pour libérer l’Europe de la tyrannie d’un régime méprisable », a-t-il conclu.

Robert Fico tient régulièrement un discours pro-russe, prônant une diminution du soutien militaire à Kiev et le qualifiant de « belliciste ». En octobre, il est devenu le premier dirigeant de l’UE à apparaître à la télévision d’État russe depuis le début l’invasion totale de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

[Édité par Anna Martino]