Italie : le Parti démocrate accuse le gouvernement Meloni d’entraver le sauvetage des migrants

La cheffe du Parti démocrate, Elly Schlein, a accusé le gouvernement de « crime de solidarité », un terme utilisé lorsque les lois mises en place sont susceptibles de limiter l’aide humanitaire, notamment en empêchant les navires des ONG de secourir les migrants.

EURACTIV Italie
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« Recevoir une amende et une détention administrative pour avoir sauvé plus de vies que [le nombre] “autorisé” : le décret du gouvernement Meloni constitue un crime de solidarité », a écrit Elly Schlein sur les réseaux sociaux. [[EPA-EFE/CARMELO IMBESI]]

La dirigeante du Parti démocrate (PD), Elly Schlein, a accusé le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni de « crime de solidarité », un terme utilisé lorsque les lois mises en place sont susceptibles de limiter l’aide humanitaire, notamment en empêchant les navires des ONG de secourir les migrants.

Elly Schlein et Giorgia Meloni se sont opposées en ligne sur la question de migration irrégulière, l’un des casse-tête les plus complexes auquel fait face l’exécutif italien.

« Recevoir une amende et une détention administrative pour avoir sauvé plus de vies que [le nombre] “autorisé” : le décret du gouvernement Meloni constitue un crime de solidarité », a écrit Elly Schlein sur les réseaux sociaux.

Le navire de l’ONG Open Arms, qui sauve et amène des milliers de migrants en situation irrégulière sur les côtes italiennes, a été condamné à une amende et à une détention administrative après avoir sauvé quelques bateaux en détresse alors qu’il se dirigeait vers le port de débarquement de Carrara, en Toscane, qui avait été désigné par le gouvernement. La même chose s’est produite pour le navire Sea-Eye au port de Salerne cette fois. Ces sanctions injustifiées ont poussé la cheffe de l’opposition à réagir.

Les mesures imposées aux bateaux sont prévues par le « décret Cutro » adopté par le gouvernement pour freiner l’immigration irrégulière observée en Italie depuis des années. Mme Schlein soutient pour sa part que le décret est essentiellement invalide parce qu’il viole le droit international maritime.

« Dites-nous : ces personnes étaient-elles en danger pour être abandonnées en mer ? […] Il y a une guerre contre les ONG qui ne fait que couvrir la grave absence d’une mission institutionnelle de recherche et de sauvetage de l’UE en Méditerranée, une Mare Nostrum européenne. Et en Europe, le gouvernement [italien] reste muet », a ajouté Mme Schlein.

Giorgia Meloni a répondu peu après que son gouvernement « applique les lois et les principes qui ont toujours existé dans chaque État : il est interdit de faciliter l’immigration clandestine et d’aider directement ou indirectement à la traite des êtres humains ».

« La solidarité consiste à mettre fin aux voyages de l’espoir et aux décès en mer. Car aider à enrichir ceux qui organisent la traite des êtres humains n’a rien à voir avec les mots solidarité et humanité », a ajouté la Première ministre.

Le gouvernement pourrait donner son feu vert à un « paquet sécurité » contenant de nouvelles règles visant à lutter contre l’immigration irrégulière dès lundi. Ces mesures comprennent des expulsions et des contrôles accrus des migrants arrivant sur les côtes italiennes.

Les données officielles du ministère de l’Intérieur montrent qu’entre le 1er janvier et le 24 août, 106 023 migrants ont débarqué en Italie, contre 37 169 en 2021 et 52 558 l’année suivante.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]