JD Vance veut démanteler les réglementations européennes en matière d’IA

Dans un discours au Sommet de l’IA à Paris, le vice-président américain, JD Vance, a rappelé sans ménagement que les États-Unis continueront à façonner la gouvernance mondiale de l’IA à leur avantage, à moins que la réglementation européenne ne soit assouplie.

/ EURACTIV.com
Sean Duffy is sworn-in as United States Secretary of Transportation
Le vice-président américain J. D. Vance à Washington, DC, États-Unis, le 29 janvier 2025. [CHRIS KLEPONIS/EPA-EFE]

PARIS — Dans un discours prononcé mardi lors du Sommet de l’intelligence artificielle (IA) à Paris, le vice-président américain, JD Vance, a rappelé sans ménagement que les États-Unis continueront à façonner la gouvernance mondiale de l’IA à leur avantage, à moins que la réglementation européenne ne soit assouplie.

Dès le premier jour de ce sommet phare organisé par le président français, Emmanuel Macron, l’objectif était de montrer que la France et l’Union européenne (UE) sont des acteurs de plus en plus pertinents et favorables à l’industrie dans la course mondiale aux technologies de l’intelligence artificielle.

Tout se passait bien, jusqu’à ce que JD Vance ne prenne la parole.

Dans un discours de 20 minutes au matin de la deuxième journée du sommet, le vice-président américain — qui effectue sa première tournée européenne depuis son entrée en fonction — a fustigé la « surréglementation » européenne et mis en garde contre la « censure » gouvernementale de la liberté d’expression.

Il a également laissé entendre que les réglementations technologiques phares de l’Europe, à savoir le règlement sur les services numériques (Digital Services Act, DSA) et le règlement général sur la protection des données (RGPD), seraient démantelées.

« L’Amérique veut s’associer à vous tous », a affirmé JD Vance, « mais pour créer ce type de confiance, nous avons besoin d’un régime réglementaire international qui favorise la technologie de l’IA plutôt que de l’étrangler ».

Il a ajouté qu’il appréciait la « tendance à la déréglementation » qui se dessinait lors du sommet, alors que le discours s’éloignait de la sécurité et de la réglementation pour se tourner vers l’investissement et la mise en œuvre — même si cela ne suffit pas.

Il a cité l’exemple des États-Unis, où « la technologie américaine de référence en matière d’IA est la référence mondiale », louant « l’environnement réglementaire ouvert » du pays et sa position favorable à l’innovation.

Et pour ceux dans la salle qui espéraient un changement de tendance en Europe, le vice-président des États-Unis a été sans équivoque.

« L’Amérique est le leader de l’IA et cette administration a l’intention de le rester. »

L’Union européenne peut s’y associer, mais elle aura du mal à mener le jeu en matière d’IA. Des annonces comme celle de dimanche, selon laquelle la France a obtenu quelque 109 milliards d’euros d’investissements pour des centres de données et des projets d’IA, ne changeront pas grand-chose à cela, selon JD Vance.

En fin de compte, le vice-président américain a fait à Paris ce que son chef, Donald Trump, fait le mieux : faire en sorte que toute la conversation porte sur les États-Unis, et protéger les intérêts des entreprises américaines — en premier lieu les grandes entreprises technologiques, qui ont récemment appelé l’administration Trump à les protéger des amendes imposées par l’UE.

Il y a « des inquiétudes quant au fait que certains gouvernements étrangers ont l’intention de serrer la vis aux entreprises technologiques américaines ayant une présence internationale. L’Amérique ne peut pas et ne veut pas accepter cela », a souligné JD Vance, en s’en prenant au DSA, le règlement européen sur la modération de contenu, et à sa lutte contre la « soi-disant désinformation ».

Il a également critiqué les « coûts de conformité sans fin » imposés aux petites entreprises américaines par les exigences du RGPD, qui ont conduit certaines entreprises à renoncer à s’implanter sur le marché européen.

L’UE n’est pas la seule à être dans le viseur de JD Vance, qui s’en est également pris à la Chine, sans toutefois la nommer explicitement. Il a attaqué les « régimes autoritaires » qui renforcent leurs capacités militaires, utilisent des logiciels espions et « font de la propagande » dans d’autres nations souveraines, sous le regard du vice-Premier ministre chinois Zhang Guoqing, envoyé spécial de Xi Jinping.

« Je tiens à rappeler à nos amis internationaux que s’associer à de tels régimes n’est jamais rentable à long terme », a averti JD Vance.

(AM)