José Manuel Barroso salue l’action « courageuse » de la France au Mali

Paris a envoyé plus de troupes au Mali hier après le lancement d’une mission pour renverser les rebelles proches d’al-Qaida dans le nord du pays vendredi (11 janvier). Cette nouvelle en a surpris plus d’un. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a accordé son soutien à l’« action courageuses des troupes françaises ».

EURACTIV.com
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Paris a envoyé plus de troupes au Mali hier après le lancement d’une mission pour renverser les rebelles proches d’al-Qaida dans le nord du pays vendredi (11 janvier). Cette nouvelle en a surpris plus d’un. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a accordé son soutien à l’« action courageuses des troupes françaises ».

 



 

Les attaques françaises sur des positions islamistes près d’anciennes villes commerciales du désert, Tombouctou et Gao, la principale ville du nord, ont marqué une intensification décisive au troisième jour de l'offensive dans la région depuis vendredi. Les soldats français maîtrisent la progression des rebelles vers le sud, qui ont pris le contrôle du nord du Mali en avril 2012.

La France est déterminée à mettre fin à la domination islamiste dans le nord du pays qui, pour beaucoup, pourrait servir de base à des attaques contre l'Occident et à des liens avec al-Qaida dans le nord de l'Afrique, en Somalie et au Yémen.

L'intervention du président français, François Hollande, a reçu les acclamations des dirigeants africains, américains et européens, mais elle présente certains risques.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a soutenu « la courageuse action des troupes françaises » au Mali et s’est fait l'écho de la volonté de l'UE de « défendre l'intégrité » du pays contre l'offensive des organisations islamistes armées.

« Croyez bien que nous vous accompagnons dans ces moments difficiles et que nous soutenons la courageuse action des troupes françaises », a-t-il déclaré lors d'un discours à Marseille au cours de la cérémonie d'inauguration de Marseille-Provence en tant que capitale européenne 2013.

M. Hollande n'y était pas présent, car il a du changer son emploi du temps en raison de la situation au Mali.

Le ministre français de la défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé que l'intervention soudaine de la France vendredi avait empêché les rebelles qui venaient de reprendre leur progression de s’emparer de Bamako, la capitale. Il a juré de poursuivre les attaques aériennes.

« Le président est totalement déterminé à éradiquer ces terroristes qui menacent la sécurité du Mali, de notre propre pays et de l'Europe », a-t-il indiqué sur une chaîne de télévision française.

Des habitants et des chefs rebelles ont fait état de bombardements dimanche sur les communes de Léré et Douentza, au centre du Mali, forçant les islamistes à se retirer. Dans la journée, des avions français ont frappé des cibles plus au nord, notamment près de la ville de Kidal, épicentre de la rébellion.

À Gao, ville de sable sur les rives du fleuve Niger, les habitants, soumis à une stricte loi de la charia imposée par les islamistes, ont rapporté que des avions de chasse français avaient bombardé l'aéroport et les positions rebelles. Une énorme colonne de fumée noire s'élevait au-dessus du camp des islamistes dans le nord de la ville et des camionnettes transportaient les morts et les blessés à l'hôpital.

Paris a indiqué que 4 Rafale, envoyés de France, ont pris pour cibles des camps d'entraînement, des infrastructures et des dépôts logistiques dans les environs de Gao, dans le but d'affaiblir les rebelles et de les empêcher d'aller vers le sud.

« Bloquer les terroristes : c'est fait. Ce qui a commencé d'être fait aujourd'hui, c'est s'occuper des bases arrières des terroristes », a expliqué Laurent Fabius, le ministre français des affaires étrangères, à la chaîne de télévision LCI.

La France a déployé environ 550 militaires au Mali, répartis entre Bamako et Mopti, 500 km plus au nord. Cette intervention porte le nom d'« opération Serval », en référence au félin sauvage africain.

Un caméraman de Reuters a vu plus de 100 militaires français débarquer dimanche d'un avion de transport de troupes à l'aéroport international de Bamako, aux abords de la capitale.

Les rues étaient calmes à Bamako, où le soleil tente de percer à travers la poussière soulevée par l'harmattan, le vent de saison qui souffle sur le Sahara. De nombreuses voitures arborent des drapeaux français pour remercier l'ancienne puissance coloniale de son intervention.

« Nous remercions la France de nous venir en aide », a déclaré la villageoise Mariam Sidibe. « Nous espérons que cela se poursuivra jusqu'à la libération du nord. »

 

Des troupes africaines sont attendues

Après plus de 20 ans d’élections pacifiques, le Mali était parvenu à se doter de l'image d'un pays stable et démocratique. Cette réputation a toutefois volé en éclats en mars 2012, quelques semaines après un coup d'État dont ont profité les rebelles islamistes pour s'emparer du nord du pays.

La France a demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU lundi pour discuter du Mali.

La République a également augmenté le niveau de risque pour 8 otages français détenus par al-Qaida dans le Sahara et 30 000 expatriés français vivant dans la région principalement constituée de pays musulmans.

Inquiète des représailles, la France a renforcé la sécurité dans les bâtiments et les transports publics. Elle a conseillé à ses 6 000 citoyens de quitter le Mali alors que des porte-paroles d'Ansar Dine et de la branche nord-africaine d'al-Qaida, AQMI, ont promis de se venger.

Paris a indiqué que sa première victime de guerre était un pilote français, tué vendredi lorsque des rebelles ont abattu son hélicoptère.

Des heures plus tôt, un agent français des renseignements a été pris en otage par les extrémistes d'al Shabaab en relation avec al-Qaida et tué lors de l'échec d'un raid de commandos pour le libérer.

M. Hollande a indiqué que l'objectif de la France constituait uniquement en un soutien à la mission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui vise à reprendre le contrôle du nord du pays, comme il est inscrit dans le mandat de la résolution de décembre 2012 du Conseil de sécurité de l'ONU.

La France presse la Cédéao d'accélérer l'envoi de ses troupes au Mali. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, dont le pays exerce la présidence tournante de la Cédéao, a enclenché la procédure permettant l'envoi de 3 300 militaires africains.

M. Ouattara, entré en fonction en 2011 grâce au soutien de l'armée française, a convoqué samedi un sommet regroupant 15 pays en Côte d'Ivoire pour discuter de cette mission.

« Les troupes commenceront à arriver à Bamako aujourd'hui et demain », a déclaré Ali Coulibaly, le ministre ivoirien de l'intégration africaine. « Elles seront envoyées au front. »

Les États-Unis envisagent d'envoyer une petite quantité de drones de surveillance non armés au Mali ainsi que de fournir un soutien logistique, a expliqué un fonctionnaire américain à Reuters. Le Canada et la Grande-Bretagne ont également promis un soutien logistique.

Le Burkina Faso, le Niger et le Sénégal, des anciennes colonies françaises, se sont tous engagés à déployer 500 soldats dans les prochains jours. À l'inverse, la puissance économique de la région, le Nigeria, qui devrait mener les opérations de la Cédéao, a laissé penser que la formation et l'équipement des troupes prendraient du temps.

Le Conseil européen de décembre 2012 a approuvé un concept de gestion de crise relatif à une action militaire de politique de sécurité et de défense commune en vue de soutenir la réorganisation et la formation des forces armées maliennes.