Le Kazakhstan prend des mesures décisives contre le coronavirus
Malgré le nombre relativement faible de cas confirmés de coronavirus et un premier décès signalé jeudi 26 mars, les autorités du Kazakhstan, pays voisin de la Chine, prennent la pandémie très au sérieux.
Malgré le nombre relativement faible de cas confirmés de coronavirus et un premier décès signalé jeudi 26 mars, les autorités du Kazakhstan, pays voisin de la Chine, prennent la pandémie très au sérieux.
Selon les chiffres, depuis le début de la pandémie fin janvier, le gouvernement kazakh se prépare à faire face à tout défi sanitaire éventuel. En prévision, une commission spéciale a préparé un plan d’action pour protéger la population. Depuis février, avant les États européens, le Kazakhstan a commencé à fermer ses frontières à certains pays étrangers à haut risque épidémique, et tous les citoyens ont été invités à éviter les voyages.
Le 15 mars, le président Kassym-Jomart Tokaïev a déclaré l’état d’urgence dans tout le pays. Son décret interdit les déplacements vers et en dehors du pays, à l’exception des diplomates et des délégations officielles, des personnes invitées par le gouvernement et des étrangers sous certaines conditions.
En outre, des mesures de quarantaine ont été introduites, et les centres commerciaux et culturels fermés. Les jardins d’enfants, les écoles et les universités ont aussi fermé leurs portes, à la suite de recommandations d’experts médicaux.
Le 23 mars, ces mesures ont été renforcées par la commission spéciale.
Jusqu’à présent, le Kazakhstan a été moins touché que d’autres pays en matière de cas confirmés de coronavirus, malgré la longue frontière terrestre que le pays partage avec la Chine, où les premiers cas de la maladie ont été identifiés.
Jeudi 26 mars, 109 cas ont été signalés sur le territoire et le premier décès a été annoncé.
Lorsque les mesures gouvernementales ont été présentées pour la première fois, il n’y avait qu’une poignée de cas confirmés de COVID-19 au Kazakhstan. Les autorités du pays disent avoir tiré les leçons des autres pays où le virus est propagé rapidement, et jugent vital de prendre des mesures préventives strictes, quel que soit le nombre de personnes touchées.
Comme prévu, le nombre de cas confirmés a augmenté dans les deux plus grandes villes du pays — la capitale, Noursoultan, et la deuxième plus grande ville, Almaty. C’est pourquoi elles ont toutes les deux été confinées le 23 mars dernier.
En plus de restreindre la circulation des personnes et des véhicules, les autorités ont limité les transports publics et ordonné aux restaurants de passer au service de livraison uniquement. Pour renforcer l’isolement des centres urbains, le président a annoncé que des sanctions seraient imposées à ceux qui enfreignent les règles sanitaires.
Mesures économiques
Le gouvernement a également pris des mesures économiques pour protéger certains groupes plus à risque. Les plus menacés sont les familles qui ont perdu leurs sources de revenus et qui n’ont pas de « filet de sécurité » économique. Le paiement de tous les prêts des personnes touchées par la crise sera suspendu. En outre, les familles nombreuses, les personnes handicapées et d’autres groupes plus vulnérables recevront de la nourriture gratuitement.
Pour renforcer cette disposition, le président a indiqué que le prix des biens de première nécessité serait surveillé au niveau régional, pour éviter une hausse des prix. Les gouverneurs coordonneront le flux interrégional de ces biens afin d’éliminer les déficits locaux et d’empêcher l’achat de biens essentiels dans la panique.
Le gouvernement a également proposé des mesures concrètes pour soutenir le secteur financier. Le président a annoncé que le Kazakhstan allouera 10 milliards de dollars aux mesures anticrise dans tout le pays, à l’exclusion des avantages fiscaux et du soutien local. 740 millions de dollars seront consacrés à des mesures visant à stimuler l’emploi.
Des primes d’un mois de salaire seront versées aux médecins, policiers et autres spécialistes impliqués dans la lutte contre le coronavirus, ainsi qu’aux personnes ayant perdu des revenus à cause de la crise. Pour soutenir les entreprises, le chef de l’État a ordonné un gel des remboursements des prêts bancaires des petites et moyennes entreprises pendant la durée de l’état d’urgence, ainsi qu’un report du paiement de tous les types d’impôts et autres paiements obligatoires pendant une période de trois mois.
Pour éviter la panique et contrer la désinformation, le président a chargé le ministère de l’information et du développement public de tenir des réunions d’information quotidiennes. Pour renforcer ces messages, un site Web a été mis en place pour informer la population des actions du gouvernement dans la lutte contre la pandémie.