L’aide alimentaire européenne mise en doute suite aux ravages de la crise économique [FR]

En début de semaine, les ministres européens du Développement ont été réprimandés par Louis Michel, commissaire au Développement à l’aide humanitaire. Ce dernier leur reproche de ne pas s’être accordés sur un paquet d’un milliard d’euros destiné à aider les agriculteurs d’Afrique.

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En début de semaine, les ministres européens du Développement ont été réprimandés par Louis Michel, commissaire au Développement à l’aide humanitaire. Ce dernier leur reproche de ne pas s’être accordés sur un paquet d’un milliard d’euros destiné à aider les agriculteurs d’Afrique.

Grâce au paquet d’aide proposé par la Commission européenne en juillet, les fonds inutilisés du budget européen pour l’agriculture pourrait être libérés afin d’acheter des graines et des engrais pour les pays en développement. Cette mesure vise à renforcer leur capacité à faire face à l’augmentation des prix alimentaires à l’échelle mondiale. 

Cependant, même si les 27 pays membres de l’UE ont accepté « en principe » de maintenir la distribution du paquet, un certain nombre d’Etats membres ont exprimé leur mécontentement quant au fait de devoir libérer des fonds supplémentaires dans un contexte de crise financière internationale. 

Les excédents de la politique agricole commune (PAC) sont au-dessus de la moyenne cette année à la suite de la hausse des prix alimentaires au niveau mondial. En outre, grâce aux procédures habituelles, il est possible avec ces excédents de rembourser les plus grands contributeurs nets au budget de l’UE.

Par conséquent, un grand nombre de pays de l’UE sont peu disposés à approuver le paquet d’aide, citant des raisons budgétaires extraordinaires. 

Le commissaire Louis Michel a accusé les Etats membres d’être trop intransigeants, insistant sur le fait que l’UE a besoin urgemment de ces fonds. Toutes les organisations internationales et les gens qui ont besoin de ce milliard d’euros pour sauver leurs récoltes de 2009 et 2010 attendent ce petit geste, a-t-il déclaré. 

Le réseau européen d’ONG SOLIDAR a fait passer un message tout aussi fort à l’UE, en déclarant que la crise financière ne doit pas être utilisée comme excuse. Nous incitons tous les Etats membres à résister à la tentation de réduire leur engagement par rapport à l’aide au développement (ODA), a indiqué SOLIDAR. L’organisation a également appelé tous les Etats membres à soutenir un calendrier contraignant pour garantir la prévisibilité de l’aide et pour tenir les promesses faites. 

Angela Corbalan de Oxfam International a déclaré à EURACTIV que : « Avant la conférence de Doha sur le financement de l’aide au développement en décembre, tous les yeux seront tournés sur les dirigeants européens pour voir si l’UE est à la hauteur de sa réputation de leader mondial du développement. Le mécanisme d’aide financière aux importations alimentaires d’un milliard d’euros est un premier pas nécessaire. Pour des millions de citoyens parmi les plus pauvres du monde, la crédibilité du leadership de M. Sarkozy sur l’Europe sera littéralement une question de vie ou de mort ».

La présidence française a été particulièrement active dans la promotion de l’agenda du développement. Elle devrait essayer de trouve une solution à cette impasse le week-end prochain.