L’austérité votée, la Grèce sera renflouée

A une courte majorité, le Parlement grec vient de voter le nouveau plan d’austérité. Un vote décisif pour trouver une issue à la crise qui menace la cohésion de la zone euro

EURACTIV.fr
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A une courte majorité, le Parlement grec vient de voter le nouveau plan d’austérité. Un vote décisif pour trouver une issue à la crise qui menace la cohésion de la zone euro

155 voix contre 136. Les députés grecs ont entériné, le 29 juin dans l’après-midi, le troisième plan d’austérité du pays en moins de deux ans. 

C’était la condition sine qua non au versement de la cinquième tranche de l’aide de 110 milliards d’euros accordée par l’Union européenne et le Fonds monétaire international en 2010, et qui permettra à la Grèce de continuer à honorer ses créances. L’argent devrait être versé début juillet.

Participation du secteur privé

Dans le même temps, l’UE et le FMI poursuivent les discussions sur un nouveau plan d’assistance à Athènes dont le montant pourrait avoisiner 155 milliards d’euros, indispensable pour éviter à nouveau la faillite du pays. Mais la participation des créanciers privés est toujours en débat.

Privatisations

En échange de cet argent frais, Athènes s’est donc engagée à aller encore plus loin dans les réformes.

En 2010, le pays avait notamment généralisé la retraite à 65 ans, gelé les pensions de retraite et les traitements des fonctionnaires, et relevé la TVA de deux points, à 23%. 

Le nouveau plan sur cinq ans prévoit quant à lui, une nouvelle augmentation de la pression fiscale, des coupes supplémentaires dans les prestations sociales et un vaste plan de privatisations, censé rapporter à l’État 50 milliards d’euros sur cinq ans.

Situation économique explosive

Sur place, les manifestations se poursuivent. Les indignés grecs campent toujours devant le Parlement alors que la situation économique ne fait qu’empirer.

Après 15 ans de croissance, la Grèce traverse sa troisième année consécutive de récession : son PIB devrait reculer de 3% en 2011 après une baisse de 4,4% en 2010 et de 2% en 2009.

Pour l’heure, le FMI prévoit un retour à la croissance en 2012, une hypothèse jugée exagérément optimiste par certains observateurs. Plusieurs statistiques récentes sont plus révélatrices encore de l’ampleur de la crise : la production industrielle a ainsi chuté de 11% en avril par rapport au même mois de l’an dernier et l’activité du secteur de la construction a chuté de près de 40% en un an.

La chute de l’activité économique a eu pour conséquence une envolée du chômage, qui a atteint 16,2% en mars selon les statistiques officielles contre moins de 8% avant la crise. Chez les 15-24 ans, il atteint même 42,5%.