L'élection présidentielle tchèque souligne un profond désaccord sur l'UE [FR]
Le Parlement tchèque doit élire aujourd'hui, 8 février, un nouveau président. Cette élection, qui oppose le président sortant eurosceptique Václav Klaus à Jan Švejnar, proeuropéen, est largement considérée comme un choix entre une vision ancienne et une vision moderne de l'avenir du pays. D'après un reportage d'EURACTIV à Prague.
Le Parlement tchèque doit élire aujourd’hui, 8 février, un nouveau président. Cette élection, qui oppose le président sortant eurosceptique Václav Klaus à Jan Švejnar, proeuropéen, est largement considérée comme un choix entre une vision ancienne et une vision moderne de l’avenir du pays. D’après un reportage d’EURACTIV à Prague.
L’élection d’aujourd’hui oppose le président sortant Václav Klaus, 66 ans, candidat du Parti démocratique civique (ODS) pour un second mandat, et Jan Švejnar, candidat du Parti social démocrate (CSSD) et citoyen américain. Les sondages préélectoraux indiquaient que les parlementaires choisiraient probablement de réélire M. Klaus, même si aujourd’hui, le résultat est loin d’être acquis.
Les candidats ont des attitudes radicalement opposées vis-à-vis de l’Union européenne. Eurosceptique, M. Klaus considère l’UE avant tout comme un système économique de coopération entre des nations souveraines et s’oppose fréquemment au transfert de compétences à Bruxelles.
En outre, il a été un véhément détracteur du défunt traité constitutionnel européen et est également défavorable au traité de Lisbonne. M. Klaus est opposé à l’entrée de la République tchèque dans la zone euro et se montre sceptique sur les politiques européennes de lutte contre le changement climatique.
Parallèlement, plaidant pour une plus grande implication de la République tchèque dans les affaires européennes, M. Švejnar, professeur de 55 ans à l’université du Michigan, marié à une Américaine ne parlant pas tchèque, estime que la meilleure stratégie pour un pays de taille moyenne est de défendre ses intérêts dans un cadre plus vaste. Pour lui, défendre les intérêts nationaux et une position proeuropéenne n’est pas contradictoire, mais compatible.
M. Švejnar souhaite que la République tchèque rejoigne rapidement la zone euro. De plus, il appelle à intensifier les efforts dans la lutte contre le changement climatique, tandis que M. Klaus remet en question le fait que le réchauffement climatique soit dû aux activités humaines, phénomène insuffisamment prouvé, selon lui. Il craint que ces efforts ne portent préjudice à l’économie nationale.
Les deux candidats soutiennent les plans américains d’installer un bouclier antimissiles dans le pays, sans doute l’un des seuls domaines politiques où leurs opinions convergent.
M. Švejnar a indiqué qu’il renoncerait à la nationalité américaine en faveur de la nationalité tchèque, s’il remporte l’élection.