L’Espagne devrait échapper au plan de sauvetage européen
Pour la chef économiste France de Barclays Capital, Laurence Boone, si le Portugal risque de devoir faire appel au plan de sauvetage européen, la situation économique de Madrid est soutenable.
Pour la chef économiste France de Barclays Capital, Laurence Boone, si le Portugal risque de devoir faire appel au plan de sauvetage européen, la situation économique de Madrid est soutenable.
Alors que la Commission européenne a émis ses premières émissions destinées à financer le plan d’aide à l’Irlande, la chef économiste France de Barclays Capital, Laurence Boone, a présenté, mercredi 5 janvier, ses prévisions pour la zone euro pour 2011.
Si la situation économique de l’Espagne et du Portugal inquiète, l’économiste n’envisage pas le même avenir pour les deux pays. « Il n’y a pas la même perception du risque par les marchés », souligne-t-elle.
Pour elle, le Portugal fait face à un manque de productivité lié à un problème d’évolution technologique et d’éducation. Si le taux d’intérêt auquel le Portugal se finance reste à 6% ou augmente, il sera plus facile pour le pays de gérer son ajustement dans un plan de sauvetage européen que seul, estime l’économiste.
« Si cela continue sur la même pente, la demande d’aide sera difficilement évitable », précise-t-elle. Pour enrayer le risque, l’économiste propose de créer une ligne de crédit flexible, avec un effet anticipateur. Elle prend pour exemple la ligne de crédit modulable mis en place par le FMI pour la Pologne et le Mexique en 2009. Aucun des deux pays n’y avaient finalement eu recours.
Situation soutenable de l’Espagne
L’économiste se montre beaucoup plus optimiste sur l’avenir de l’Espagne. « Nous avons estimé les pertes de l’Espagne à 25 milliards d’euros. Si on double [prenant en compte d’autres scénarios], on arrive a des pertes nettes de 46 milliards, une somme que l’Espagne est capable d’absorber tant que les taux d’intérêt ne dépassent pas 7%. La situation est soutenable en Espagne ».
Elle précise également que l’Espagne, qui va très régulièrement sur les marchés pour élever des fonds, aura trois échéances importantes en 2011. « Elle lève 7 à 8 milliards chaque mois. En avril, juillet et octobre, elle devra lever 15 milliards de plus par mois. C’est très important. Ce seront des tests », explique-t-elle.
Madame Boone estime que si l’Espagne devait cependant bénéficier de l’aide de l’Union, le fond de sauvetage européen couvrirait ses besoins. En effet, le mécanisme européen est doté de 447 milliards d’euros et selon les prévisions de Barclays, les sauvetages de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne représenteraient 414 milliards.
Nouveaux stress tests
La chef économiste France de Barclays Capital souligne également l’importance des résultats des prochains tests de résistance des banques, les « stress tests« , qui auront lieu au premier semestre 2011. « S’ils déçoivent, certaines banques pourraient avoir des difficultés pour se refinancer », précise-t-elle.
Madame Boone souligne qu’il faudra faire un choix : soit mener des tests rapidement avec des risques d’erreurs, soit prendre plus de temps, mais alors « les tensions sur l’Espagne continueraient ».
« Les marchés attendent plus d’harmonisation, plus de spécification sur ce qui est mis en œuvre, plus de banques testées, la moitié ne suffisant visiblement pas. » Elle met également en avant le nouvel rôle du régulateur européen : « en cas de risque systémique perçu, l’autorité pourra demander des précisions sur les banques aux banques centrales. Cela change la façon dont les stress tests vont être conduits ».
CALENDRIER
Jeudi 6 janvier 2011 : Premières émissions de la France de l’année 2011
Premier semestre 2011 : Tests de résistance sur les banques
Au plus tard en mars 2011 : Précisions de la Commission européenne sur les clauses d’action collective.