L'Europe s'attaque aux émissions de soufre des navires

Mercredi, les gouvernements européens ont approuvé un texte de loi visant à limiter la quantité maximale de soufre dans les carburants des bateaux. Cette loi devrait entrer en vigueur à la fin de la décennie.

EURACTIV.com / Reuters
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Mercredi, les gouvernements européens ont approuvé un texte de loi visant à limiter la quantité maximale de soufre dans les carburants des bateaux. Cette loi devrait entrer en vigueur à la fin de la décennie.

Les carburants marins qui contiennent beaucoup de soufre sont source de pollution et causeraient 50 000 décès prématurés en Europe chaque année. Ce nouveau texte de loi est donc une excellente nouvelle pour l'environnement et la santé sur le vieux continent, surtout dans les zones portuaires et côtières, a déclaré le commissaire européen à l'environnement, Janez Potocnik.

« Sans cette directive, les émissions des navires dépasseraient les émissions des sources terrestres d'ici 2020 », a affirmé M. Potocnik dans un communiqué.

Conformément à cette nouvelle loi, la quantité maximale de soufre pour les carburants sera limitée à 0,5 % pour tous les navires à partir de 2020, contre 3,5 % actuellement pour les bateaux de marchandises et 1,5 % pour les navires à passagers.

Une limite plus stricte de 0,1 % sera appliquée à partir de 2015 aux navires qui opèrent dans des zones de contrôle des émissions de soufre, comme la mer du Nord, la mer Baltique et la Manche. La limite dans ces zones est actuellement de 1 %.

Selon la Commission européenne, changer de carburant ou de filtres d'échappement pour respecter ces nouvelles limites coûtera entre 2,6 et 11 milliards d'euros au secteur. Cette somme pourrait toutefois être compensée par des économies dans le domaine de la santé publique de l'ordre de 30 milliards d'euros.

« L'UE a tenu bon face aux lobbies des entreprises maritimes polluantes qui voulaient que l'Europe renie ses engagements internes et adopte une loi moins ambitieuse », a déclaré l'eurodéputée verte Satu Hassi qui a mené les débats sur cette question au Parlement européen.

Les navires qui ne respecteront pas ces nouvelles limitations devront payer des amendes aux autorités nationales et ces amendes devront être suffisamment élevées pour éviter qu'il soit plus avantageux de les payer que de se conformer aux règles, a précisé la Commission.

Les gouvernements pourront allouer des aides à l'investissement aux entreprises pour éviter que la compétitivité du secteur n'en souffre, à condition que ces aides soient conformes à la réglementation européenne an matière d'aides publiques.

L'accord conclu mercredi par les diplomates européens devrait être approuvé par les ministres et les eurodéputés d'ici septembre, au plus tard.