L’Europe se tourne vers la BEI pour enrayer la menace de récession [FR]

Les ministres européens des Finances se sont mis d’accord ce week-end pour élargir le rôle de la Banque européenne d’investissement afin de venir en aide aux petites entreprises. En effet, le renforcement des conditions de crédit menace l’économie de récession. Selon les ministres, le rôle de la BEI devrait également être renforcé au niveau de la coordination du financement des grands projets énergétiques.

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Les ministres européens des Finances se sont mis d’accord ce week-end pour élargir le rôle de la Banque européenne d’investissement afin de venir en aide aux petites entreprises. En effet, le renforcement des conditions de crédit menace l’économie de récession. Selon les ministres, le rôle de la BEI devrait également être renforcé au niveau de la coordination du financement des grands projets énergétiques.

La capacité de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) sera élevée à 30 milliards d’euros. Les fonds, qui doivent être utilisés d’ici 2011, serviront spécifiquement à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME). C’est la décision qu’ont pris les ministres lors d’une réunion informelle samedi 13 septembre à Nice. L’engagement de 30 milliards d’euros doublera quasiment les contributions financières habituelles de la banque envers les PME.

C’est l’une des mesures annoncées par les ministres des Finances en vue de démontrer que l’Europe n’adopte pas simplement une politique attentiste face à la crise financière internationale. C’est ce qu’a déclaré la ministre française des Finances Christine Lagarde lors de la conférence finale de la réunion informelle du Conseil. 

La BEI, l’instrument d’investissement des institutions Européennes, a pour objectif de soutenir le développement de projets d’infrastructures à l’intérieur de l’UE. Elle est principalement financée par les Etats membres, qui en sont les actionnaires. Jusqu’à maintenant, le soutien accordé aux PME par le BEI était limité. 

La BEI a été au centre de l’attention des ministres tout au long des deux jours de réunion. Suivant la proposition du grand argentier italien Giulio Tremonti, le Conseil a demandé à la banque de mettre en place un groupe de travail afin d’explorer des voies qui permettraient de mieux coordonner l’investissement européen dans les infrastructures, tout particulièrement dans le secteur de l’énergie. Selon Philippe Maystadt, le président de la BEI, le travail sur les questions énergétiques pourrait très rapidement aller de l’avant. 

Le groupe de travail comprendrait des investisseurs des institutions nationales telles que la Caisse des dépôts française, la Cassa Depositi e Prestiti italienne ou la Banque de développement hongroise. La participation de ces institutions a suscité des soupçons selon lesquels l’objectif serait de créer en quelque sorte un fonds souverain européen semblable à ceux de la Russie ou de la Chine. Ce type de fonds est de plus en plus utilisé pour acquérir des biens économiques stratégiques à l’étranger. 

Mais le président de la BEI Philippe Maystadt a écarté cette possibilité : « En l’état actuel des statuts, nous ne pouvons pas prendre de participations, nous ne pouvons que faire des prêts », a-t-il indiqué. C’est à son avis aussi une question d’argent puisque les fonds souverains nécessitent des ressources propres considérables que la BEI n’a pas en sa possession. 

S’il entre en vigueur, le traité de Lisbonne permettrait certes à la BEI d’investir dans des entreprises afin de couvrir son encours des prêts. Toutefois, d’autres changements seraient nécessaires pour transformer la banque en fonds souverain.  

Le groupe de travail a néanmoins été présenté comme un pas dans cette direction. Il a en outre récolté le soutien unanime des Etats membres, en particulier de l’Espagne et de l’Italie, à l’origine de la proposition. Autant Christine Lagarde que Joaquin Almunia, commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, ont salué la mise en place du groupe.