L’UE averti que les discussions climatiques risquent de manquer de pertinence

Le processus des Nations Unies sur le changement climatique risque de perdre son élan et sa pertinence si la nouvelle série de négociations qui a débuté hier (29 novembre) à Cancun ne progresse pas vers un nouveau traité sur le climat, a averti la commissaire de l’UE en charge de l’action climatique.

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Le processus des Nations Unies sur le changement climatique risque de perdre son élan et sa pertinence si la nouvelle série de négociations qui a débuté hier (29 novembre) à Cancun ne progresse pas vers un nouveau traité sur le climat, a averti la commissaire de l’UE en charge de l’action climatique.

Connie Hedegaard a déclaré aux journalistes hier à Bruxelles qu'il était crucial pour la communauté internationale de prouver que Cancun pouvait faire progresser la situation.

Autrement, certaines parties pourraient commencer à perdre patience en ce qui concerne les modalités de négociations de l'ONU, met-elle en garde.

Toutefois, malgré des négociations compliquées impliquant quelques 190 pays, Mme Hedegaard a expliqué qu'il serait beaucoup plus difficile de présenter des alternatives qui pourraient faire progresser la situation davantage.

La conférence, d'une durée de deux semaines, devrait accueillir moins de dirigeants que l'année passée à Copenhague. Dans la capitale danoise, les attentes étaient grandes dans la mesure où l'UE, entre autres, avait affirmé que la conférence pourrait aboutir à un nouveau traité sur le climat ou au contraire signer son « arrêt de mort ».

Un an plus tard, l'UE et les Etats-Unis ont levé le pied sur la rhétorique et ne s'attendent plus à aboutir à un nouveau traité global cette année. L'UE parle à présent d'un « ensemble équilibré de décisions » qui s'adresserait à tous mais qui n'aurait pas pour ambition de résoudre tous les problèmes.

Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCCC), a expliqué que Cancun ne serait un succès que si les parties parvenaient à des compromis. Elle a ajouté que Cancun ne résoudrait pas tous les problèmes et que le résultat devrait être pragmatique mais que Cancun devait également rester très ambitieux.

Des éléments sur la table

Les règles de contrôle, de la surveillance, de la notification et de la vérification des réductions d'émissions, les éléments clés d'un programme de réduction des émissions issues  de la déforestation et de la dégradation des forêts ainsi que les mécanismes visant à transférer la technologie vers les pays en développement pourraient faire partie des éléments sur lesquels un accord pourrait être conclu dans les coulisses des négociations dans la ville mexicaine.

Beaucoup de choses dépendront cependant des financements alloués aux pays en développement pour les aider à gérer le changement climatique.

L'UE tentera d'apaiser les tensions entre les pays riches et les pays pauvres en présentant son rapport sur le financement à mise en œuvre rapide lors des discussions, montrant qu'en 2010, l'UE a mobilisé 2,2 milliards d'euros sur les 7,2 milliards qu'elle avait promis de verser en trois ans. Elle espère que d'autres pays développés suivront son exemple.

Les parties pourraient également s'accorder sur les principes fondamentaux de la gouvernance du futur Fonds vert qui aidera les pays en développement à réduire leurs émissions et à s'adapter aux conséquences inévitables du changement climatique. Cancun pourrait donc aussi lancer le processus de constitution du fonds.

La liste des priorités de l'UE comprend également la réforme du mécanisme de développement propre (MDP) qui permet aux pays industrialisés de réaliser une partie de leurs objectifs en finançant des projets visant à réduire les émissions dans des pays en développement. L'UE souhaiterait améliorer son efficacité, son caractère environnemental et élargir les mécanismes du marché du carbone de l'ONU pour y inclure tous les secteurs dans les pays en développement plus avancés.

Echec probable sur la limitation du réchauffement à 2°C

Toutefois, alors que de nombreuses décisions techniques pourraient être prises, certains pays ne semblent pas vouloir promettre des réductions d'émissions plus ambitieuses. Cela serait cependant nécessaire pour garder le réchauffement climatique en dessous des 2°C, le seuil stratégique au-delà duquel le changement climatique pourrait devenir catastrophique.

Cancun aura néanmoins pour objectif d'encoder officiellement dans une décision de l'ONU les promesses de réductions d'émissions faites par de nombreux pays après Copenhague.

Toutefois, même l'objectif des 2°C, comme établi dans l'accord de Copenhague adopté par 140 pays, a été remis en question, notamment par de petits Etats insulaires qui  affirment que stopper le réchauffement climatique à 1,5°C aurait plus de chance de les sauver de l'augmentation du niveau de la mer.

Des questions complexes sur la forme légale du nouveau traité sur le climat devraient également surgir lors de la deuxième semaine de négociations alors que les chefs d'Etat et les ministres arriveront.

L'Office météorologique du Royaume-Uni (UK Met Office) a affirmé que la preuve attestant que le réchauffement climatique serait provoqué par l'Homme n'avait fait que se confirmer au cours de l'année passée.

Matt Parlmer, spécialiste de l'observation des océans à l'Office météorologique du Royaume-Uni, a déclaré qu'il était clair que, d'après l'observation d'un large éventail d'indicateurs, le monde se réchauffait. En plus d'une augmentation claire de la température de l'air au-dessus des terres et des mers, nous faisons des observations qui concordent toutes avec une augmentation des gaz à effet de serre, a-t-il ajouté.