L’UE décide d’une ligne commune sur la réforme financière internationale [FR]

Les 27 pays membres de l’UE sont finalement parvenus à s’entendre sur une position commune avant le sommet mondial de la semaine prochaine à Washington, qui lancera une révision majeure du système financier international suite à l’effondrement du crédit. 

Sarkozy_European_Council_02.jpg
Sarkozy_European_Council_02.jpg

Les 27 pays membres de l’UE sont finalement parvenus à s’entendre sur une position commune avant le sommet mondial de la semaine prochaine à Washington, qui lancera une révision majeure du système financier international suite à l’effondrement du crédit. 

Lors d’un sommet informel le 6 novembre à Bruxelles, les 27 chefs d’Etat de l’UE se sont mis d’accord sur des « principes communs pour construire un nouveau système financier international », insistant sur le fait que le sommet du 15 novembre à Washington doit « assurer des décisions réelles et rapides ».

 

Les mesures décidées à Washington devraient être mises en œuvre dans « une période de 100 jours » à compter du 15 novembre, ont indiqué les dirigeants, laissant un peu plus d’un mois au nouveau président américain élu Barack Obama pour apporter sa contribution. 

Dans une déclaration conjointe, les 27 dirigeants se sont mis d’accord pour mettre en avant les points suivants :

  • « soumettre les agences de notation à un enregistrement [et] à une surveillance » ;
  • adopter des principes pour garantir une « convergence des normes comptables » ;
  • « décider qu’aucun segment de marché, aucun territoire, aucune institution financière n’échappe à une régulation […] ou au moins à la surveillance » ;
  • « mettre en place des codes de conduite pour éviter la prise de risque excessive dans l’industrie financière y compris dans le domaine des systèmes de rémunération » ;
  • « confier au FMI la responsabilité […] et les « ressources nécessaires » pour « recommander les mesures nécessaires pour restaurer la confiance et la stabilité » du système financier international.

Les dirigeants européens ont en outre convergé sur la nécessité de voir plus loin que la crise financière et de prendre des mesures pour répondre à la conjoncture économique qui va en s’aggravant. La Commission européenne a été mandatée pour soumettre une proposition dans ce sens avant le prochain sommet européen de décembre. 

« L’unité de l’Union européenne doit également se traduire par une concertation efficace en ce qui concerne les réponses de politique économique que chaque Etat met en place pour faire face à la situation actuelle », indique un paragraphe clé de la déclaration conjointe. 

Des divergences sont apparues ces derniers jours à propos des mesures que l’UE devrait prendre face à une éventuelle récession en Europe. Lors de leur réunion du mardi 4 novembre, les ministres des Finances n’étaient pas parvenus à décrocher un accord sur la question, repoussant leur décision à plus tard (EURACTIV 5/11/08).

L’Espagne devrait participer au sommet du G20 à Washington

Autre pas en avant : les dirigeants européens se sont entendus par rapport à la tentative espagnole de prendre part à la réunion du G20 à Washington, où seuls quatre pays de l’UE – le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie – ont été invités. En réalité, la France disposait de deux sièges à la réunion du G20, un en tant qu’occupante de la présidence tournante de l’UE, l’autre en tant que grande nation industrielle. Dans un geste envers le Premier ministre espagnol, M. Sarkozy a cédé le premier siège français à l’Espagne.