L’UE dément les rumeurs de démission d’Ashton

Les diplomates européens ont démenti les rumeurs selon lesquelles Catherine Ashton pourrait démissionner de son poste à la suite de pressions exercées par certains États membres, et notamment de son Royaume-Uni natal, où des élections sont prévues jeudi 6 mai.

EURACTIV.fr

Les diplomates européens ont démenti les rumeurs selon lesquelles Catherine Ashton pourrait démissionner de son poste à la suite de pressions exercées par certains États membres, et notamment de son Royaume-Uni natal, où des élections sont prévues jeudi 6 mai.

« C’est de la pure imagination », a déclaré le 3 mai la porte-parole de la Commission Pia Ahrenkilde Hansen, dans sa réponse aux articles publiés par la presse britannique présentant comme imminent le départ de la baronne Ashton de son poste de Haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l’UE.

La presse conservatrice britannique a rapporté que des sources européennes anonymes accusaient Mme Ashton de ne pas réussir à lancer le nouveau service diplomatique de l’UE. Le Daily Telegraph et le Daily Mail ont souligné que les critiques à l’égard de Mme Ashton venaient surtout de France.

Position française

Un porte-parole de la Représentation permanente de la France auprès de l’UE à Bruxelles a fermement démenti ces rumeurs. « Nous soutenons complètement le travail que Mme Ashton a mené jusqu’ici, y compris celui sur le service diplomatique de l’UE. Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a clairement montré son soutien à son travail lors du dernier Conseil à Luxembourg la semaine dernière », a-t-il dit.

La France s’est montrée critique à l’égard de Mme Ashton à plusieurs reprises, notamment sur sa position sur le Moyen-Orient, sur son manque de visibilité internationale et sur sa connaissance limitée des langues étrangères. Cependant, Paris n’a jamais ouvertement critiqué Mme Ashton pour ses efforts visant à mettre en place le service diplomatique de l’UE.

Dans le but de désamorcer un peu plus les rumeurs, les diplomates ont même montré de la satisfaction face aux compétences linguistiques de Mme Ashton. « Elle parle déjà assez bien français et elle prévoit de prendre des cours », a déclaré le porte-parole français.

Le piège de l’élection britannique

D’autres rumeurs sont parues dans la presse. L’une d’entre elles verrait Mme Ashton être remplacée par un autre homme politique britannique après les élections générales du 6 mai. Le ministre des Affaires étrangères britannique David Miliband, qui a refusé le poste il y a quelques mois, pourrait être un éventuel remplaçant.

Toutefois, l’intérêt qu’aurait Miliband à abandonner un poste dans le futur gouvernement britannique demeure peu clair, d’autant plus qu’une fonction gouvernementale lui serait assurée en cas de victoire travailliste ou de coalition avec les Libéraux démocrates après le scrutin. D’autre part, la possibilité de voir un gouvernement conservateur tout juste élu soutenir un travailliste pour défendre les intérêts britanniques à Bruxelles semble très faible.

Certains diplomates ont affirmé que si le Royaume-Uni devait proposer un remplaçant pour Mme Ashton, il pourrait ouvrir une boîte de Pandore, avec le risque que les plus hauts postes de l’UE soient renégociés entre les États membres. « Sans assurance pour Londres de voir le poste de ministre des Affaires étrangères lui revenir à nouveau », a expliqué un diplomate.

L’option Miliband présente également une autre faiblesse : la parité. « L’équilibre des sexes était un sujet tellement sensible dans la nouvelle Commission Barroso que remplacer Mme Ashton par un homme est impensable », a déclaré un fonctionnaire de la Commission.

« Bien qu’elle aurait pu faire plus et mieux, l’opinion générale est que Mme Ashton ne s’en sort pas trop mal. Elle doit gérer une situation complexe et sans précédent. Fusionner des services diplomatiques avec des traditions différentes est loin d’être chose facile », a expliqué un autre diplomate en fonction sur Bruxelles.

« Nous devrions lui donner plus de temps, notamment parce que la remplacer signifierait perdre encore plus de temps dans le lancement du nouveau service », a-t-il ajouté.