L’UE devrait soutenir l’assurance sociale pour les nations pauvres

L’Union européenne pourrait contribuer à la réduction de la pauvreté persistante dans les pays en développement à l’aide de systèmes d’assurance sociale, révèle une nouvelle étude du Parlement européen.

EURACTIV.fr
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L’Union européenne pourrait contribuer à la réduction de la pauvreté persistante dans les pays en développement à l’aide de systèmes d’assurance sociale, révèle une nouvelle étude du Parlement européen.

 

L'étude invite l'UE à encourager le développement de programmes sociaux pour les nations pauvres grâce à l'aide, mais également à la propre expérience de l'UE dans l'offre d’expertise en matière de systèmes de retraite et de santé universelle.

 

Francesca Bastagli, chercheuse à l'Overseas Development Institute de Londres et auteure de l'étude, a déclaré aux eurodéputés lundi (18 mars) que « les plus pauvres des pauvres » étaient exclus de la protection sociale. Elle a ajouté que l'UE et d'autres donateurs pourraient aider les gouvernements des pays en développement à réduire l'écart.

 

« Il est évident que le rôle du gouvernement est de protéger les plus pauvres des pauvres et de s'assurer que les services sont de bonne qualité », a-t-elle déclaré en amont de la commission du développement du Parlement.

 

« Cela reflète un large soutien, à la lumière de la crise, pour les investissements dans des systèmes de protection sociale qui peuvent garantir une protection sociale au cours des crises à venir », a-t-elle ajouté.

 

Pas seulement de l'argent

 

La publication de l’étude Feasibility of Social Protection Schemes in Developing Countries survient alors que le soutien augmente en faveur de filets de sécurité sociale pour les 5,1 milliards de personnes exempts de ce système, soit près de 75 % de la population mondiale.. Cette étude recommande les voies que l'UE pourrait suivre et conseille notamment :

 

  • de fournir un financement initial en vue de soutenir l'introduction de programmes sociaux ;
  • d'offrir l'expertise technique afin d'aider les bénéficiaires à améliorer leurs recettes, grâce à une collecte de l'impôt et une responsabilité plus adaptées, en vue d'appuyer une assurance sociale financée par les impôts ;
  • de participer au développement de régimes d'assurance fondé sur la communauté, qui semblent prometteurs au Brésil, en Inde et dans d'autres pays émergents.

 

La politique de développement à l'étranger de la Commission européenne, le programme pour le changement, et la communication proposée « Une vie décente pour tous » appellent tous deux à l'investissement dans des régimes d'assurance sociale pour les nations les plus pauvres du monde.

 

La Banque mondiale et l'Union africaine préconisent également le développement de systèmes de protection sociale

 

Lors de la mise en place de la conférence des Nations unies sur le développement durable, les 184 nations membres de l'Organisation internationale du travail (OIT), dont les 27 États membres de l'UE, ont adopté en juin une résolution qui somme tous les pays à fournir une protection sociale minimale.

 

Fonds mondial pour réduire la pauvreté

 

Olivier De Schutter, un professeur de droit en Belgique, et sa collègue Magdalena Sepúlveda, une avocate du Chili et rapporteure spéciale des Nations unies sur l'extrême pauvreté, ont sommé en octobre 2012 les pays avancés de financer le fonds mondial pour la protection sociale que les pays en développement peuvent exploiter pour cofinancer des régimes d'assurance.

 

M. De Schutter a également déclaré récemment que l'amélioration des systèmes de protection sociale pour les agricultrices, qui travaillent dans les champs et jonglent ensuite avec les tâches domestiques, pourrait réduire la pauvreté rurale et renforcer la sécurité alimentaire.

 

Les donateurs européens apportent déjà leur soutien aux soins de santé ou à des régimes d'assurance sociale, dont des programmes au Ghana et au Rwanda. La Grande-Bretagne a repris la semaine dernière le financement d'un système de protection sociale au Rwanda, selon le quotidien Guardian le 13 mars. Londres avait gelé l'aide, car le gouvernement rwandais soutenait un groupe rebelle au Congo.

 

Budgets serrés

 

Des responsables ont cependant reconnu que l'argent ou la volonté politique seraient difficiles à trouver afin de financer des programmes à l'étranger en période d'austérité. La commission du développement rédige une résolution non contraignante, qui sera présentée en avril. Ce document appelle les gouvernements de l'UE à respecter leur promesse d'allouer 0,7 % de leur revenu national brut au développement d'ici 2015. Certains craignent que les gouvernements manquent leur objectif.

 

Les plus grandes sources d'aide au développement (les États-Unis, le Japon et l'UE) subissent toutes une pression budgétaire et les associations de lutte contre la pauvreté craignent que l'aide à l'étranger ne soit l'une des premières victimes des mesures d'austérité à long terme.

 

Les coupes budgétaires ne constituent pas seulement un risque pour l'aide à l'étranger.

 

Les systèmes de protection sociale tant vantés sont la cible des mesures d'austérité. L'eurodéputé espagnol socialiste Miguel Angel Martíneza déclaré à cet égard : « Si vous regardez la crise économique actuelle, […] ces systèmes se décomposent […] Nous pensions qu'ils existeraient toujours, mais maintenant on nous les retire. »