L’UE pourrait inscrire le Hezbollah sur sa liste d’organisations terroristes
L’UE est disposée à négocier avec la faction politique du mouvement chiite libanais dans le cadre d’une proposition de la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères.
L’UE est disposée à négocier avec la faction politique du mouvement chiite libanais dans le cadre d’une proposition de la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères.
Les gouvernements européens sont dans une impasse depuis mai. La Grande-Bretagne avait demandé à l'époque que la branche militaire du mouvement musulman chiite soit reprise sur la liste des organisations terroristes. Elle a présenté des preuves de l'implication du Hezbollah dans l'attentat mortel d'un bus l'année dernière à Bourgas (Bulgarie).
Plusieurs capitales européennes se sont opposées à la proposition britannique, car elles doutent que les preuves soient suffisantes. Cette décision déstabiliserait le Liban étant donné que le Hezbollah fait partie du gouvernement.
L'UE discutera de ce dossier au cours des prochains jours. En attendant, Catherine Ashton a laissé entendre qu'un compromis apaiserait les craintes qu'une inscription sur la liste noire complique les relations de l'UE avec le Liban.
Deux diplomates européens ont déclaré à Reuters que les propositions incluraient un communiqué indiquant que l'UE « devrait poursuivre le dialogue avec tous les partis politiques au Liban » et maintenir les financements accordés à Beyrouth.
« La proposition sur la table stipule que l'UE entend réellement répondre aux attaques terroristes sur son territoire », a déclaré un diplomate d’un pays en faveur de l'ajout du Hezbollah sur la liste noire.
La proposition britannique est de plus en plus soutenue en Europe en raison de l'implication de la faction militaire, appuyée par l'Iran, dans la guerre civile en Syrie.
Selon des diplomates, la plupart des 28 États membres de l'UE, dont les grandes puissances allemande et française, sont du côté de la Grande-Bretagne. L'unanimité est cependant requise. L'Autriche, l'Irlande et la République tchèque ont déjà fait part de leurs réserves.
Le Hezbollah nie toute implication dans l'attentat de Bourgas qui a tué cinq Israéliens et leur chauffeur.
Si l'Union européenne inscrit cette faction sur sa liste noire, ce serait un changement de politique majeur. Bruxelles résiste en effet à la pression d'Israël et de Washington depuis des années.
Pour soutenir sa demande, la Grande-Bretagne a également mentionné une peine de quatre ans de prison prononcée en mars par un tribunal chypriote à l'égard d'un membre du Hezbollah, accusé de complot contre les intérêts israéliens sur l'île.
Des ambassadeurs des États membres de l'UE devraient discuter du dossier libanais le 18 juillet avant une éventuelle réunion des ministres des affaires étrangères à Bruxelles quatre jours plus tard.
Maja Kocijan?i?, une porte-parole de Catherine Ashton, a déclaré qu'aucune décision n'avait été prise.
« Les discussions sont en cours et l'unanimité serait requise pour toute décision », a-t-elle précisé.