L'UE qualifie le référendum des Serbes de Bosnie d' « irresponsable »

L'Envoyé de l'Union européenne dans les Balkans a critiqué les projets de referendum sur la légalité de la cour nationale de Bosnie, affirmant qu'un vote « irresponsable » pourrait creuser les divisions qui demeurent dans cette nation encore fragile.

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L'Envoyé de l'Union européenne dans les Balkans a critiqué les projets de referendum sur la légalité de la cour nationale de Bosnie, affirmant qu'un vote « irresponsable » pourrait creuser les divisions qui demeurent dans cette nation encore fragile.

Plus tôt ce mois-ci, le parlement de la Republika Srpska, l'entité serbe en Bosnie Herzégovine, a largement soutenu des projets de référendum concernant la cour et son procureur, affirmant que ces derniers se montraient partiaux envers les Serbes.

La cour a été créée en 2002, principalement pour poursuivre les personnes accusées de crime de guerre et alléger le travail du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie à La Haye.

Des analystes ont qualifié ce référendum de tentative des Serbes d'entraver les institutions bosniaques, dont cette cour, et de contester l'autorité du haut représentant international de la Bosnie, Valentin Inzko, qui a le pouvoir de casser des lois et de renvoyer des fonctionnaires.

M. Inzko, un diplomate autrichien, a déclaré lors d'un entretien téléphonique vendredi qu'il agirait pour empêcher que les Serbes séparatistes de Bosnie organisent un référendum voué à contester la légalité d'une cour nationale, leur dernière tentative en date.

« Il y a deux possibilités. Soit la République serbe le fait [annule le vote] ou la communauté internationale le fera », a-t-il expliqué. « Je devrai agir ».

M. Inzko a également déclaré que la décision du mois de mars, prise par les gouvernements de l'UE, de menacer les séparatistes en Bosnie de sanctions (gel d'actifs, et restriction de voyager comme c'est déjà le cas en Libye, en Iran et au Belarus), était un pas dans la bonne direction.

« Elles pourraient se révéler nécessaires », a-t-il affirmé.

De récentes visites de hauts fonctionnaires de l'UE à Sarajevo contribuaient à propager un message pro-UE, a-t-il expliqué, ajoutant que la Bosnie devrait pouvoir postuler pour adhérer à l'UE cette année. Cette décision ne devrait être prise qu'avec l'approbation tacite de Bruxelles, même si, en théorie, tout pays peut postuler pour rejoindre l'Union.

« Absolument », a-t-il répondu, lorsqu'on lui a demandé si Bruxelles devrait donner son feu vert à la candidature de Sarajevo. « Cela lancerait un énorme processus de transformation ».

L'UE semble cependant réticente jusqu'à présent. Des diplomates à Bruxelles affirment que l'Union souhaiterait d'abord voir des réformes constitutionnelles en  Bosnie, ainsi que des progrès sur les aides d'Etat et les recensements nationaux.

Les gouvernements de l'UE discutent de l'augmentation de leur présence en Bosnie depuis des mois, mais les divisions demeurent quant à la manière dont cette présence accrue concorderait avec le rôle de l'Envoyé international, qui était censé s'alléger avec le temps.

(EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l'anglais par EURACTIV)