L'UE rappelle ses ambassadeurs basés au Bélarus

L'UE et le Bélarus ont rappelé leurs ambassadeurs suite à l'escalade d'un conflit portant sur les sanctions imposées par l'UE pour lutter contre le non-respect des droits de l'Homme dans le pays.

EURACTIV.fr / Reuters
alexander_lukashenko_01.jpg
alexander_lukashenko_01.jpg

L'UE et le Bélarus ont rappelé leurs ambassadeurs suite à l'escalade d'un conflit portant sur les sanctions imposées par l'UE pour lutter contre le non-respect des droits de l'Homme dans le pays.

Alors que l'UE a décidé d'élargir la portée de ses sanctions pour y inclure 21 juges et hauts fonctionnaires de la police, le Bélarus a demandé hier (28 février) à l'ambassadeur de l'Union européenne et à celui de la Pologne de quitter le pays. Il a également rappelé ses propres diplomates basés à Bruxelles et à Varsovie.

Quelques heures plus tard, les États de l'UE ont affirmé qu'ils soutiendraient la Pologne et l'UE en rappelant leurs ambassadeurs en poste à Minsk et feraient part de leur mécontentement aux ambassadeurs bélarussiens dans leur pays.

« En témoignage de solidarité et d'unité, il a été convenu que les ambassadeurs des États membres à Minsk seraient tous rappelés pour des consultations avec leur capitale », a déclaré la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, dans un communiqué. « Tous les États membres de l'UE convoqueront les ambassadeurs bélarussiens auprès de leur ministère des affaires étrangères. »

Cette initiative témoigne des tensions qui existent entre le Bélarus et l'Union, dont les relations n'ont fait qu'empirer depuis la victoire contestée du président Alexander Loukachenko lors des élections de décembre 2010.

« Il s'agit de la dernière dictature, du dernier dictateur en Europe et nous ne nous laisserons pas intimider », a déclaré à Bruxelles le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle. « L'Union européenne et la Pologne peuvent compter sur la solidarité de l'Allemagne. Le dictateur se trompe, s'il pense qu'il peut nous diviser. »

La Pologne, qui partage une frontière avec le Bélarus, a joué un rôle actif dans l'élaboration d'une politique européenne à propos de Minsk et s'est ainsi attiré les foudres de son voisin.

Marcin Bosacki, porte-parole du ministère polonais des affaires étrangères, a fait savoir que l'ambassadeur polonais avait été mis à l'écart en raison du rôle prépondérant de Varsovie dans la définition de sanctions plus larges.

Les autorités bélarussiennes doivent être claires sur les conditions nécessaires pour réamorcer le dialogue politique avec l'UE, a-t-il affirmé à Varsovie : « Il faut mettre un terme à la répression et suivre la voie de la démocratisation. »

Des fonctionnaires pris pour cibles

Les fonctionnaires bélarussiens visés par les sanctions européennes ont l'interdiction de voyager dans les États membres de l'UE et leurs actifs détenus par des entreprises européennes seront gelés.

Le porte-parole du ministère bélarussien des affaires étrangères, Andreï Savinykh, a déclaré que Minsk rappelait ses propres ambassadeurs basés à Bruxelles et Varsovie et pourrait prendre « d'autres mesures pour protéger ses intérêts » si les pressions s'intensifiaient. Il a également fait savoir que le Bélarus mettrait sur liste noire les personnes qui ont facilité l'introduction des sanctions.

« Il a été suggéré que le chef de la délégation européenne et l'ambassadeur de la Pologne au Bélarus retournent dans leur capitale pour des consultations et communiquent aux autorités la position ferme du Bélarus sur le fait que ces sanctions sont inacceptables », a déclaré M. Savinykh dans un communiqué.

Ces sanctions devraient isoler un peu plus le pays et le rendre encore plus dépendant de son allié de longue date, la Russie, qui avait consenti à son renflouement au plus fort de la crise financière l'année dernière.

« En coupant les ponts avec l'Occident, les autorités bélarussiennes se placent dans une situation très dangereuse et risquent de perdre leur marge de manœuvre dans l'éventualité où leurs liens avec la Russie tourneraient au vinaigre une fois de plus », a déclaré l'expert en politique bélarussienne Alexander Klaskovsky.