L'UE sur le point de lancer les deux premiers satellites Galileo

Les deux premiers satellites du programme européen Galileo pour la navigation satellite mondiale seront lancés jeudi (20 octobre) de la base spatiale européenne de Kourou en Guyane française.

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Les deux premiers satellites du programme européen Galileo pour la navigation satellite mondiale seront lancés jeudi (20 octobre) de la base spatiale européenne de Kourou en Guyane française.

Ce lancement historique survient après des années de querelles intestines sur le financement de ce projet de plusieurs milliards d'euros, censé devenir le principal concurrent du GPS américain (voir « Contexte »).

La Commission européenne pense que les 30 satellites qui constitueront la version finale de la constellation Galileo seront lancés d'ici 2020. A partir de fin 2012, deux satellites devraient être envoyés en orbite chaque trimestre. « L'objectif est d'avoir 24 satellites dans l'espace d'ici la fin de 2014 ou début 2015 », a expliqué le porte-parole de l'UE sur les questions liées à la politique spatiale, Carlo Corazza.

Il a précisé que pour les nouveaux services qu'offrira Galileo, « au moins 18 satellites devront être en orbite ». La qualité de ces services ainsi que la précision de l'identification de la position ne feront que croître au fur et à mesure que les nouveaux satellites seront lancés.

Une fois opérationnel, Galileo pourra fournir des services à différents secteurs, dont les transports, la recherche, les opérations de sauvetage, les travaux publics, l'exploration pétrolière, l'agriculture, les systèmes de navigation pour les voitures et les téléphones portables.

« Une troisième révolution industrielle »

Galileo pourrait bien déclencher « une troisième révolution industrielle », a déclaré à la presse Antonio Tajani, le vice-président de la Commission européenne et commissaire en charge de la politique spatiale, lors du lancement.

L'industrie spatiale pourrait devenir une industrie européenne de pointe, a ajouté M. Tajani. Galileo est en effet « plutôt un facilitateur de service qu'un service autonome et il peut agir comme catalyseurs des activités économiques », a expliqué un représentant officiel de l'UE, qui estime que l'impact économique global de ce système tournera autour de 90 milliards d'euros sur les 20 prochaines années.

Complément ou alternative au GPS ?

Les autorités européennes insistent sur le fait que Galileo servira de complément au GPS et non d'alternative à ce système. « Nous avons signé un accord avec les Etats-Unis en 2004 pour assurer la compatibilité des deux systèmes », a précisé un fonctionnaire européen.

Les nouveaux récepteurs devront donc prochainement être équipés pour Galileo et le GPS. Toutefois, ce sera aux fabricants de puces de prendre cette décision, et l'intégration d'adaptateurs pour Galileo sur les modèles existants dépendra du bon vouloir des producteurs du système GPS.

« Galileo sera beaucoup plus précis et flexible que le GPS, car il utilise plus de fréquences », a expliqué un représentant de la Commission, ajoutant que toutes les études s'accordaient sur le fait que les futurs récepteurs seraient dotés de Galileo et du GPS. Nous ne savons cependant toujours pas à quelle vitesse les consommateurs remplaceront leurs appareils actuels et si ces nouveaux récepteurs plus puissants intéresseront les clients potentiels.

La Commission travaille également sur la compatibilité de Galileo avec le système russe de navigation par satellite, Glonass, et avec les nouveaux systèmes chinois et indiens. Le chevauchement des fréquences européennes et chinoises est actuellement possible et c'est un problème qu'il faudra résoudre.

Militaire

Galileo est un programme conçu à des fins civiles, comme l'ont rappelé à plusieurs reprises les institutions de l'UE.

Toutefois, « la vocation civile initiale du système n'empêche pas d'envisager un usage militaire », a argué un fonctionnaire européen proche du dossier.

« Rien n'empêche que les services offerts par ce système soient utilisés, par exemple, lors de missions liées à la sécurité des Etats membres », a-t-il ajouté.