L’Ukraine annule les négociations en amont du sommet UE-Russie
Le président de l’Ukraine s’est retiré des négociations sur le prix du gaz avec le dirigeant russe Vladimir Poutine à la dernière minute mardi (18 décembre), ce qui soulève des préoccupations quant à la fiabilité de l’approvisionnement vers l’Europe avant le sommet UE-Russie.
Le président de l’Ukraine s’est retiré des négociations sur le prix du gaz avec le dirigeant russe Vladimir Poutine à la dernière minute mardi (18 décembre), ce qui soulève des préoccupations quant à la fiabilité de l’approvisionnement vers l’Europe avant le sommet UE-Russie.
Ce report rappelle les conflits entre les deux pays qui ont entraîné la réduction de l'approvisionnement du gaz russe en Europe à travers le réseau d'oléoducs ukrainiens en 2006 et 2009.
Viktor Ianoukovitch, dont le pays se trouve sur la route de transit du gaz russe, aurait dû rencontrer le président russe à Moscou pour tenter d'obtenir une réduction de la facture du carburant en Ukraine.
Youri Ushakov, conseiller en politique étrangère du Kremlin, a annoncé que M. Ianoukovitch avait reporté les discussions, car davantage de temps était nécessaire pour préparer les documents à signer.
« M. Ianoukovitch avait prévu de venir aujourd'hui, mais il a été décidé de reporter sa visite », a-t-il ajouté. « Il est nécessaire de mener des travaux d'expertise supplémentaires afin d'achever tous les documents que nous avions initialement prévus de signer. »
M. Poutine devrait rencontrer les dirigeants de l'Union européenne vendredi à Bruxelles et l'énergie devrait figurer en tête de l'ordre du jour. La « guerre du gaz » du Nouvel an ne devrait toutefois pas avoir lieu.
Les réductions de l’approvisionnement de gaz vers l'Europe en transit par l'Ukraine au cours des conflits précédents a augmenté les prix pour les deux parties. L'Europe a dû placer la sécurité énergétique à l'ordre du jour, dont la réduction des risques de transit et la diversification de l'approvisionnement en dehors de la Russie.
Gazprom qui détient le monopole de l'exportation de gaz russe contribue fortement au budget d'État russe. La majeure partie des recettes de ce fournisseur dépendent des exportations vers l'Europe, alors que l'Ukraine compte sur les droits de transit imposé à la Russie pour remplir les caisses de l'État.
Des clients et des concurrents ont exercé une pression sur Gazprom pour qu'il réduise son prix du gaz. Le géant russe devrait réduire les prix de contrats à long terme avec l'Europe l'année prochaine à des prix comparables au marché au comptant, selon une source de la compagnie.
Le prix de vente du gaz naturel provenant du géant russe à l'Europe pour des contrats à long terme pourrait chuter à environ 370 dollars (280 euros) pour 1 000 mètres cubes en 2013, contre 400 dollars cette année (303 euros).
Mince soulagement pour l'Ukraine
Kiev lutte pour régler sa facture énergétique à la Russie dans les conditions actuelles. Ces conditions proviennent d'un accord conclu en 2009 qui a provoqué l'emprisonnement de l'ancienne première ministre, Ioulia Timochenko, en raison d'abus de pouvoir.
L'Ukraine déclare que le prix payé durant ce trimestre, à savoir 430 dollars (326 euros) pour 1 000 mètres cubes, est trop élevé. Le pays a toutefois refusé les concessions que Moscou demandait en échange d'une réduction.
L'adhésion à l'union douanière avec le Bélarus, la Russie et l'Ukraine pourrait faire partie de ces concessions.
M. Ushakov a indiqué que M. Ianoukovitch n’assisterait pas à une réunion cette semaine qui a trait à l'union douanière. L'Ukraine dispose du statut d'observateur, mais n'est pas membre.
« La réunion sera menée sans observateurs », a déclaré M. Ushakov.