L’Union européenne appelle au calme en Égypte
Des représentants de l’UE ont exhorté jeudi (4 juillet) le gouvernement égyptien à ne pas sombrer dans une effusion de sang. Et à restaurer rapidement la démocratie.
Des représentants de l’UE ont exhorté jeudi (4 juillet) le gouvernement égyptien à ne pas sombrer dans une effusion de sang. Et à restaurer rapidement la démocratie.
L'Allemagne, la France et la Commission européenne sont les principaux donateurs de l'Égypte dans le domaine du développement et de l'économie. Nul ne sait si Bruxelles ou Washington, le plus grand partisan de l'armée égyptienne, se prépare à geler l'aide.
À Bruxelles, Vytautas Leškevi?ius, le vice-ministre lituanien des affaires européennes, a exhorté les Égyptiens à « éviter la violence et l'escalade de tensions et à s'engager dans la recherche d'une solution à la crise grâce au dialogue ».
« Le plus grand défi et, en fait, le plus grand risque pour l'Égypte sont la polarisation de sa société et de son régime politique », a affirmé M. Leškevi?ius, dont le pays est à la tête de la présidence tournante du Conseil de l'UE.
Ces commentaires surviennent alors que les autorités égyptiennes ont arrêté des partisans politiques haut placés du premier président élu démocratiquement, Mohammed Morsi.
À Vilnius, le ministre lituanien des affaires étrangères, Linas Linkevi?ius, a déclaré que des « élections devraient être organisées sans tarder », car Adli Mansour, le président de la Cour constitutionnelle d'Égypte, a été désigné président par intérim du gouvernement soutenu par l'armée.
Catherine Ashton, la haute responsable de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a demandé mercredi (3 juillet) aux autorités de garantir « le respect des droits fondamentaux, des libertés et de l'État de droit ». Elle a insisté pour que l’armée temporairement au pouvoir rende compte de ses actes.
L'Allemagne, la France et la Commission européenne ont fourni ensemble 447 millions d’euros d'aide au développement et humanitaire à l'Égypte en 2011, selon les dernières données disponibles de l'Organisation de coopération et de développement économique.
Après plusieurs jours de manifestations dans le centre du Caire, l'armée égyptienne a forcé mercredi le départ du président Morsi, au pouvoir depuis un an.
Cette situation rappelle le printemps arabe : le président Hosni Moubarak avait cédé le pouvoir à l'armée après 18 jours de manifestations en février 2011 après 20 ans de règne. Les manifestants ont explosé de joie lorsque l'armée a annoncé la destitution du président Morsi.
Des représentants de l'UE ont récemment exprimé leurs inquiétudes vis-à-vis des conflits éventuels entre les manifestants et les partisans islamistes du parti de M. Morsi, les Frères musulmans, dont les membres ont souvent été persécutés sous les gouvernements précédents.
Le président américain, Barack Obama, a indiqué que son gouvernement « revoyait » ses relations avec Le Caire. Les États-Unis entretiennent généralement des relations étroites avec l'armée égyptienne. En vertu des accords de Camp David (1978), ils ont offert aux forces gouvernementales des fournitures, des entraînements et un soutien logistique.