La Belgique accueille la deuxième édition du North Sea Summit

La Belgique a invité neuf pays — dont la France —, ainsi que la présidente de la Commission européenne et la commissaire européenne à l’Énergie, à se réunir à Ostende le 24 avril prochain pour la deuxième édition du Sommet de la mer du Nord pour faire de cette région la plus grande centrale d’énergie verte d’Europe.

Euractiv.com
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Pour le deuxième sommet — qui se tiendra à Ostende le 24 avril — les quatre pays seront rejoints par la France, l’Irlande, le Luxembourg, la Norvège et le Royaume-Uni. [SHUTTERSTOCK/SL-Photography]

Le Premier ministre belge et la ministre de l’Énergie ont invité les chefs d’État et de gouvernement et les ministres de l’Énergie du Danemark, de l’Allemagne, des Pays-Bas, du Luxembourg, de la France, de l’Irlande, de la Norvège et du Royaume-Uni, ainsi que la présidente de la Commission européenne et la commissaire à l’Énergie, à se réunir à Ostende le 24 avril prochain pour la deuxième édition du Sommet de la mer du Nord (North Sea Summit).

Le 18 mai 2022, le Danemark avait accueilli à Esbjerg la première édition du Sommet de la mer du Nord, qui avait réuni les dirigeants allemands, belges et néerlandais, ainsi que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

À l’époque, les conséquences de la guerre russe en Ukraine commençaient à se faire sentir sur le marché de l’énergie, et l’UE cherchait à réduire sa dépendance à l’égard de la Russie.

Mme von der Leyen avait alors souligné deux défis majeurs : le changement climatique et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « La guerre de [Vladimir] Poutine met en évidence les risques que nous avons pris en étant trop dépendants des combustibles fossiles russes », avait-elle expliqué. « Plus nous devenons interdépendants en Europe, plus nous devenons indépendants de la Russie. »

Dans ce contexte, la Belgique, le Danemark, l’Allemagne et les Pays-Bas s’étaient réunis pour former la North Sea Coalition et coordonner leurs actions pour lutter contre la dépendance au gaz et aux combustibles fossiles.

À l’issue de la première édition du sommet, une déclaration formalisant l’objectif des quatre pays de multiplier par quatre leur capacité combinée de production d’électricité en mer pour atteindre au moins 150 GW d’ici à 2050 avait notamment été signée.

Pour le deuxième sommet — qui se tiendra à Ostende le 24 avril — les quatre pays seront rejoints par la France, l’Irlande, le Luxembourg, la Norvège et le Royaume-Uni, indique la Chancellerie du Premier ministre belge, qui souligne qu’au total, tous ces pays possèdent « plus de 175 000 kilomètres de côtes ».

Les objectifs fixés à Esbjerg seront étendus aux efforts dans ce domaine des nouveaux pays participants.

Selon un communiqué de presse du Premier ministre belge, l’objectif du Sommet est d’exploiter le potentiel énergétique et industriel de la mer du Nord pour en faire « la plus grande centrale d’énergie verte d’Europe d’ici 2050 ».

Les participants, qui devraient également inclure une délégation d’une centaine de chefs d’entreprise et de parties prenantes du secteur de l’énergie des neuf pays présents, devront également aborder la question de la sûreté et de la sécurité des infrastructures énergétiques et des parcs éoliens en mer ainsi que des câbles qui les relient.

« Nous devons nous assurer que cette énergie arrive sans encombre sur nos côtes […] et faire en sorte que tous nos concitoyens, de Biarritz à Tromso en passant par Londres, Amsterdam, Dublin, Berlin et Copenhague, bénéficient de cette initiative », a expliqué la Chancellerie.

Dans un message vidéo diffusé sur Twitter jeudi (6 avril), M. De Croo a annoncé que les investissements dans l’énergie offshore permettraient de créer des emplois et de renforcer le leadership de l’Europe dans le domaine de la transition énergétique.

« En unissant nos forces, nous accélérerons la transition énergétique, nous renforcerons notre leadership technologique et nous fournirons à des millions de ménages et d’entreprises en Europe de l’énergie décarbonée », a-t-il déclaré.

La transition énergétique en Belgique

Pour atteindre 100 % d’énergies renouvelables et la neutralité climatique d’ici 2050, la Belgique a décidé d’accélérer son indépendance énergétique, notamment vis-à-vis des énergies fossiles, en se concentrant sur les énergies renouvelables et en reprenant le contrôle de ses besoins énergétiques à court terme grâce à la prolongation de deux réacteurs nucléaires (Doel 4 et Tihange 3) pour 10 ans à partir de 2026.

La Belgique est actuellement le deuxième pays au monde en termes de capacité offshore par habitant, juste derrière le Danemark. Selon le gouvernement du pays, les parcs éoliens belges en mer du Nord produisent 2,26 GW d’énergie offshore, et l’objectif est de tripler cette production d’ici 2030 pour atteindre 6 GW.

En outre, en juillet de l’année dernière, la Belgique a décidé d’installer sa première infrastructure solaire flottante expérimentale dans ses parcs éoliens existants afin d’optimiser le potentiel énergétique de la mer du Nord.

« La mer du Nord deviendra le moteur de notre indépendance énergétique. […] Ces panneaux solaires flottants ont le potentiel de générer 1 GW supplémentaire d’énergie verte dans la première zone offshore. Grâce à ce projet de démonstration, nos entreprises pourront […] jouer un rôle de pionnier dans le développement mondial de cette technologie et contribuer à la croissance économique source de création de nouveaux emplois », avait alors déclaré le ministre de la Mer du Nord, Vincent Van Quickenborne.

Par ailleurs, en mer du Nord toujours, la Belgique commencera bientôt la construction de la première île énergétique au monde, reliant ses parcs éoliens et ses interconnexions au continent. L’île, qui devrait être achevée d’ici 2026, sera « la première pierre » d’un réseau électrique offshore européen intégré qui reliera plusieurs pays.

Hydrogène vert

La Belgique compte également sur l’hydrogène pour effectuer sa transition énergétique, notamment pour son industrie lourde.

En 2021, le pays a adopté sa première stratégie nationale en matière d’hydrogène. Celle-ci est basée sur quatre pilliers et son objectif est de faire de la Belgique un élément central de la filière de l’hydrogène en Europe, comme c’est le cas pour le gaz naturel liquéfié (GNL).

Lors du premier Sommet de la mer du Nord, les quatre pays de la North Sea Coalition ont décidé d’intensifier leur coopération dans le domaine de la production d’hydrogène « vert » — c’est-à-dire l’hydrogène produit à partir d’électricité renouvelable — en prévoyant d’étendre les infrastructures correspondantes dans la région.

À Esbjerg, les dirigeants avaient fixé pour objectif une capacité de production de 20 gigawatts d’hydrogène dans la mer du Nord en 2030.

« En exploitant les abondantes ressources éoliennes offshore de la mer du Nord, nous pouvons également ouvrir la voie à l’économie de l’hydrogène. L’énergie éolienne offshore génère souvent plus d’électricité que nécessaire. Ainsi, au lieu de laisser les éoliennes inutilisées, nous pourrions utiliser le surplus d’énergie pour produire de l’hydrogène », écrivaient la commissaire européenne à l’Énergie Kadri Simson et le ministre danois de l’Énergie Dan Jørgensen dans un article d’opinion pour EURACTIV.com l’année dernière.

Pour le gouvernement belge, l’hydrogène permettra à l’industrie européenne de réussir sa transition énergétique tout en maîtrisant les coûts, ce qui est crucial pour des secteurs comme l’acier, le verre, l’aluminium, le plastique et le ciment.