La Belgique veut favoriser l’emploi des demandeurs d’asile

L’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile a lancé un appel à projets pour mettre davantage de demandeurs d’asile au travail, a annoncé mercredi la secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Nicole de Moor.

/ Euractiv.com
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shutterstock_1750392203-e1692850403545-800x450 (1) [SHUTTERSTOCK/Werner Lerooy]

L’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil) de Belgique a lancé un appel à projets pour mettre davantage de demandeurs d’asile au travail, a annoncé mercredi (23 août) la secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Nicole de Moor, dans un communiqué de presse.

Le but de l’appel à projets est de promouvoir « l’activation et la participation à la société des demandeurs d’asile séjournant dans le réseau d’accueil », comme l’explique Fedasil, et ce afin de correspondre aux lignes directrices 2024 de l’Agence et à celles de l’État belge en matière de politique migratoire.

« La mise au travail des demandeurs d’asile est une situation gagnant-gagnant pour les personnes concernées et pour les entreprises qui manquent de main-d’œuvre », a ajouté la ministre chrétienne-démocrate flamande (CD&V, Parti populaire européen).

Actuellement, plus de 17 800 demandeurs d’asile résidant dans des centres d’accueil remplissent les critères pour être autorisés à travailler, selon les données fournies par le cabinet de la ministre à la demande du quotidien flamand De Tijd.

Toutefois, étant donné que la plupart des 10 000 demandeurs d’asile qui travaillent actuellement occupent un emploi temporaire, la ministre souhaite établir une coopération structurelle entre le réseau d’accueil et le secteur de l’emploi temporaire afin d’augmenter le nombre de demandeurs d’asile actifs.

Parmi les types de projets qui pourraient être subsidiés, figurent ceux de soutien à l’emploi dans le réseau d’accueil, la mise à l’emploi via le secteur de l’intérim, mais également ceux visant à garantir que les employeurs fournissent un logement décent aux demandeurs d’asile qu’ils emploient, des formes innovantes de cohabitation avec les demandeurs d’asile et à réduire les obstacles à la garde d’enfants pour les parents isolés dans le cadre du réseau d’accueil.

Dans le même temps, d’autres États membres de l’UE tentent eux aussi de remédier à la pénurie de main-d’œuvre en favorisant l’emploi des demandeurs d’asile. C’est notamment le cas de l’Allemagne, qui souhaite assouplir les conditions d’acquisition de la citoyenneté à cet égard.

Depuis plusieurs années, la Belgique est confrontée à une augmentation considérable du nombre de demandeurs d’asile. En 2022, par exemple, près de 37 000 demandes d’asile ont été enregistrées en Belgique, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2021.

Au cours du premier trimestre de l’année, le gouvernement belge a pris des mesures pour faire face à la crise en adoptant un nouvel accord sur la migration visant à créer de nouvelles places d’accueil ou encore à doubler le nombre de retours.

L’État belge a été condamné à plusieurs reprises pour mauvaise gestion de la crise de l’asile. Au total, plus de 1 100 condamnations ont été prononcées à l’encontre de l’État fédéral pour ne pas avoir assuré l’accueil des demandeurs d’asile. L’agence Fedasil elle-même a été condamnée plus de 4 500 fois pour des faits similaires, la dernière condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) datant du 19 juillet dernier.