La Berd «prête» à intervenir en Egypte

A terme, le montant du soutien de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement à ce pays pourrait s’élever à un milliard d’euros par an.

EURACTIV.fr

A terme, le montant du soutien de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement à ce pays pourrait s’élever à un milliard d’euros par an.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) interviendra en Egypte si on le lui demande, a affirmé, vendredi 4 mars à Paris, son président, Thomas Mirow. 

«Soyons clairs : si nos parties prenantes souhaitent que nous intervenions dans la région, nous sommes prêts à le faire», a-t-il déclaré devant la presse, invité par le club «Grande Europe». «Il s’agit d’une décision politique», a-t-il ajouté. 

En théorie, la banque n’a pas les capacités d’intervenir en dehors de l’Europe continentale élargie. Ainsi, elle finance des projets, dans de nombreux pays, y compris en Turquie, au Turkménistan ou en Ouzbekistan. Mais, pour élargir son champ d’action, la banque doit modifier ses statuts.

Négociations

Ce sont les pays membres de l’organisation qui décident d’un tel changement. Contrairement à la Banque européenne d’investissement, nombreux sont les pays non-européens qui siègent au Conseil d’administration de la Berd. Parmi eux, on compte notamment deux pays d’Afrique du Nord : l’Egypte et le Maroc. 

L’Egypte a demandé à bénéficier des fonds de la banque en 2010. La chute d’Hosni Moubarak n’a pas interrompu les négociations, puisque, jusqu’au jeudi 3 mars, la ministre en charge de cette question faisait toujours partie du gouvernement égyptien.

Cette demande pourrait aboutir dans les neuf mois. «Les premiers versement à l’Egypte pourraient avoir lieu début 2012», a estimé le président de la banque.

« A prendre ou à laisser »

«Nous avons commencé à estimer les fonds dont l’Egypte pourrait avoir besoin», a-t-il ajouté. Il a comparé ces financements à venir à ceux versés en Turquie depuis 2009. L’Est du pays a ainsi bénéficié de 150 millions d’euros en 2009, 500 millions en 2010, 750 millions en 2011 et un milliard en 2012. 

«Nous sommes prêts à offrir notre aide. C’est à prendre ou à laisser», a affirmé Thomas Mirow. 

Pour l’instant, dans la région, seule l’Egypte a demandé à bénéficier des fonds de la Berd. Ce mouvement s’élargira-t-il à d’autres pays? «Un pays qui introduit une demande de fonds doit obligatoirement faire partie des membres de notre banque», répond M. Mirow. Donc il est impossible, pour la Tunisie, par exemple, de bénéficier de ces financements. 

Sous-emploi

Le président de la Berd a insisté sur les similitudes entre les pays de l’ancien bloc de l’Est européen après la chute du mur, et les pays arabes qui connaissent une révolution. Parmi elles, il a cité la faiblesse du secteur bancaire. «Le petit nombre de PME est au cœur du problème de sous-emploi», a-t-il ajouté. Il a également évoqué la déficience des structures municipales.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est déclaré favorable à l’intervention de la Berd dans la région, ainsi que la haute représentante de l’UE pour la politique étrangère, Catherine Ashton. 

Cette possibilité est également évoquée par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dans la lettre envoyée à ses homologues pour les inviter à la réunion du 11 mars. A cette date a lieu une réunion extraordinaire des dirigeants européens à Bruxelles, consacrée aux conséquences des crises en Afrique du Nord.