La Bulgarie refuse l’asile à un dissident russe sous prétexte qu’il n’y a pas de répression politique en Russie

La Bulgarie a refusé l’asile politique au citoyen russe Alexander Stotzky, qui a participé à de nombreuses manifestations contre le président Vladimir Poutine et l’invasion russe de l’Ukraine.

EURACTIV Bulgarie
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En décembre 2022, le citoyen russe a déclaré avoir reçu un avis de mobilisation à son domicile, mais les autorités bulgares n’en ont pas tenu compte. [[Facebook Alex Stotzky]]

La Bulgarie a refusé l’asile politique au citoyen russe Alexander Stotzky, qui a participé à de nombreuses manifestations contre le président Vladimir Poutine et l’invasion russe de l’Ukraine.

En effet, lundi (29 mai), la Cour administrative suprême bulgare a refusé de lui octroyer le statut de réfugié, estimant qu’il n’y avait pas de répressions de masse en Russie.

« Il n’y a aucune raison de supposer que les autorités officielles de la Fédération de Russie exercent des répressions de masse à l’encontre des citoyens qui expriment leur mécontentement à l’égard de la politique du président [Vladimir Poutine] », estime la cour.

Le tribunal bulgare n’est pas convaincu que le jeune Russe soit menacé de mobilisation ou d’arrestation dans son pays d’origine.

En décembre 2022, il a déclaré avoir reçu un avis de mobilisation à son domicile, mais les autorités bulgares n’en ont pas tenu compte.

« Il craint qu’à son retour au pays, il soit persécuté pour ses opinions politiques différentes ou qu’il soit mobilisé. Il ne s’agit que d’hypothèses qui ne sont pas étayées par des preuves », peut-on lire dans la décision du tribunal.

Alexander Stotzky est arrivé en Bulgarie légalement avec un visa d’un an, mais a demandé à obtenir le statut de réfugié. Depuis qu’il est en Bulgarie, il a participé à des manifestations contre l’agression russe en Ukraine et fait des apparitions dans les médias dans lesquelles il se déclare contre les actions de Vladimir Poutine.

Les juges suprêmes bulgares ont également ignoré le fait qu’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye et dont la juridiction est reconnue par la Bulgarie, a été émis à l’encontre du président russe. En outre, la décision de la cour bulgare ne tient pas non plus compte du fait que la Russie a été contrainte de se retirer du Conseil de l’Europe fin en avril 2022, deux mois après le début de l’invasion de l’Ukraine.

Cela signifie que la compétence de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) ne s’applique plus à la Russie, ce qui crée des risques supplémentaires pour la protection des droits humains et politiques dans le pays.

L’année dernière, lors de l’examen d’autres affaires, les tribunaux bulgares ont prêté attention aux résolutions du Parlement européen concernant l’intensification des répressions contre la société civile et les défenseurs des droits humains en Russie. Cependant, avec cette dernière décision de la Cour administrative suprême bulgare, les positions des institutions européennes ont été complètement ignorées.

« Il n’y a pas de persécution en Russie sur la base d’une race, d’une religion, d’une nationalité différente, de l’appartenance à un certain groupe social ou en raison d’opinions ou de convictions politiques », soutient la cour.

Réagissant à la décision, M. Stotzky affirme que le tribunal bulgare et l’Agence nationale pour les réfugiés n’ont pas tenu compte du fait qu’il avait reçu une lettre d’appel à l’armée.

« Je suis désolé, Alex Stotzky ! La Bulgarie est un immonde bourbier russe », a écrit son avocat Kamen Dobrev sur son profil Facebook.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]