La Bulgarie s'apprête à envoyer de l'aide militaire à l’Ukraine
La Bulgarie va commencer à envoyer une assistance militaire et technique à l’Ukraine après que les commissions de la Défense et de la Politique étrangère du parlement bulgare ont approuvé deux propositions soumises par les partis pro-européens GERB et Bulgarie démocratique.
La Bulgarie va commencer à fournir une assistance militaire et technique à l’Ukraine alors que les commissions de la Défense et de la Politique étrangère du parlement bulgare ont approuvé deux propositions soumises par les partis pro-européens GERB et Bulgarie démocratique.
Bien que la Bulgarie et la Hongrie n’envoient pas directement d’armes à l’Ukraine, les usines de matériel militaire bulgares tirent d’énormes profits de la vente d’armes utilisées par l’armée ukrainienne dans la guerre qu’elle mène actuellement contre l’envahisseur russe.
Maintenant que le projet de loi a été approuvé par les commissions, il devrait bénéficier d’un soutien suffisant en séance plénière, notamment de la part du parti Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (Graždani za evropejsko razvitie na Bǎlgarija, GERB), de Nous continuons le changement (Prodălzhavame promyanata, PP), de Bulgarie démocratique (Demokratichna Balgariya, DB) et du Mouvement des droits et des libertés (Dvizhenie za prava i svobodi, DPS).
Les partis pro-russes que sont le Parti socialiste bulgare (Bulgarska sotsialisticheska partiya, BSP) et Renaissance (Vazrazhdane) s’opposent quant à eux au projet de loi. Le président bulgare Rumen Radev s’est prononcé à plusieurs reprises contre une telle décision et a même qualifié ses initiateurs de « bellicistes » qui ont pour objectif d’impliquer la Bulgarie dans le conflit entre Kiev et Moscou.
« L’envoi d’armes à l’Ukraine nous fait définitivement, bien qu’indirectement, participer au conflit », a déclaré le député du BSP et ancien ministre des Affaires étrangères Kristian Vigenin. De son côté, le parti Renaissance a demandé une analyse au ministère de la Défense.
L’actuel ministre de la Défense, Dimitar Stoyanov, a fait écho à cette demande en déclarant qu’une telle décision concernant une aide militaire pour l’Ukraine nécessitait une analyse détaillée. En outre, il a affirmé que la Bulgarie ne pouvait pas se défaire de ses systèmes de missiles antiaériens S-300, ajoutant qu’ils constituent l’épine dorsale de la défense aérienne du pays.
« La maintenance de l’ancien armement soviétique est devenue pratiquement impossible après l’agression militaire russe contre l’Ukraine, et son remplacement est à l’ordre du jour », a indiqué Atanas Slavov, de Bulgarie démocratique.
Daniel Mitov, ancien ministre des Affaires étrangères et membre du GERB, l’un des partis à l’origine de la proposition, a de nouveau souligné que la décision était tardive et qu’elle devait être rapidement examinée. Il a ajouté que la liste des pays qui viennent en aide à l’Ukraine est une liste de pays civilisés.
« Je veux que la Bulgarie fasse partie de cette liste », a-t-il poursuivi.
Parmi les partis qui soutiennent l’envoi d’une aide militaire à l’Ukraine, le parti Nous continuons le changement de l’ancien Premier ministre Kiril Petkov est désormais favorable à l’envoi d’armes à l’Ukraine alors qu’il soutenait la position inverse lorsque le cabinet de M. Petkov était au pouvoir.