La campagne électorale de Nicolas Sarkozy s’invite à une réunion de l’UE

Le ministre français de l’intérieur, Claude Guéant, a appelé hier (26 avril) à une réforme de Schengen, portant la parole de Nicolas Sarkozy, qui multiplie les discours anti-immigration pour tenter d’être réélu à la présidence française le 6 mai prochain. La proposition de M. Guéant a été soutenue par l’Allemagne et l’Autriche, mais vivement critiquée par la Belgique et la Suède.

EURACTIV.com
Schengen small.jpg
Schengen small.jpg

Le ministre français de l’intérieur, Claude Guéant, a appelé hier (26 avril) à une réforme de Schengen, portant la parole de Nicolas Sarkozy, qui multiplie les discours anti-immigration pour tenter d’être réélu à la présidence française le 6 mai prochain. La proposition de M. Guéant a été soutenue par l’Allemagne et l’Autriche, mais vivement critiquée par la Belgique et la Suède.

Claude Guéant a fait savoir à ses collègues européens, réunis au Luxembourg lors d'un conseil justice et affaires intérieures, que la France accordait 11 mois à l'Union pour réformer l'accord de Schengen conformément à son plan, faute de quoi Paris prendrait des mesures unilatérales pour restaurer des contrôles à ses frontières.

Selon le ministre français proche du président Sarkozy, 400 000 immigrés clandestins traversent les frontières de l'UE chaque année. Il a cité des chiffres de la Commission européenne selon lesquels entre deux et quatre millions d'immigrés clandestins vivent sur le sol européen.

M. Guéant a prévenu que l'UE avait onze mois pour réformer le fonctionnement de Schengen. Lors d'un rassemblement électoral le mois dernier, M. Sarkozy a annoncé que la France quitterait l'espace Schengen si les modifications qu'il demande ne sont pas adoptées en un an.

Le ministre français aurait bénéficié du soutien de son homologue allemand, Hans-Peter Friedrich.

La semaine dernière, MM. Friedrich et Guéant ont envoyé une lettre commune à la présidence danoise du Conseil de l'UE. Les ministres demandaient que les pouvoirs de la Commission soient transférés aux États afin qu'ils puissent rétablir les contrôles aux frontières.

« La sécurité de nos citoyens ne peut pas dépendre de la Commission », a déclaré M. Friedrich au Luxembourg. « C'est la responsabilité de chaque pays, j'espère qu'aucun doute ne subsiste à ce propos. »

La ministre autrichienne de l'intérieur, Johanna Mikl-Leitner, aurait également accordé son soutien aux propositions franco-allemandes. Elle a toutefois précisé que les contrôles aux frontières ne devraient être permis qu'en « dernier recours » lorsque les mesures de la Commission sont inefficaces.

La Hongrie et la République tchèque seraient également favorables à ces propositions, qui touchent la corde sensible selon ces pays.

La Belgique et la Suède, en revanche, ont exprimé leur opposition.

La vice-première ministre et ministre de l'intérieur belge, Joëlle Milquet, a dit regretter que son homologue français « instrumentalise » la réunion du conseil à des fins électorales, ce qui a donné lieu à « un débat improvisé ».

« Il me semble que [pour certains], les impératifs électoraux prennent plus d'importance que le fond de ces problèmes qui existent depuis très longtemps. Je me sens un peu instrumentalisée », a-t-elle déclaré.

La commissaire européenne aux affaires intérieures, Cecilia Malmström, a souligné le fait que Schengen était un accord européen et non intergouvernemental.

« Nous devons faire de Schengen un mécanisme à l'échelle de l'Europe, dans la mesure où il s'agit d'un projet européen », a-t-elle rappelé. « La Commission n'a pas changé d'avis à ce sujet ».