La CDU allemande approuve le choix du « ni-ni » des Républicains
Les conservateurs de la CDU allemande, alliés des Républicains au Parlement européen, estiment qu’un refus de consigne de vote pour le second tour des élections législatives anticipées est « compréhensible », tant le Rassemblement national (RN) et le Nouveau Front populaire « représentent un risque pour l’Etat ».
Les conservateurs de la CDU allemande, alliés des Républicains au Parlement européen, estiment qu’un refus de consigne de vote pour le second tour des élections législatives anticipées est « compréhensible », tant le Rassemblement national (RN) et le Nouveau Front populaire « représentent un risque pour l’Etat ».
« Je comprends que Les Républicains ne puissent soutenir ni le Rassemblement national ni la gauche radicale dans la situation actuelle, tant ces deux camps représentent une menace pour l’Etat », a jugé Jürgen Hardt, porte-parole de la CDU pour les Affaires étrangères, auprès d’Euractiv.
L’annonce par Les Républicains (LR), au soir du premier tour qui a vu le RN triompher dans les urnes, de ne pas donner de consignes de vote et de désistement pour le second tour, est historique pour ce parti qui a longtemps refusé de s’associer, de près comme de loin, à l’extrême droite.
Mais les dernières semaines ont vu deux factions du parti se déchirer, alors que son président Eric Ciotti a annoncé 48 heures après la dissolution qu’il s’associerait au RN, sans s’entretenir en amont avec les autres membres de sa famille politique.
Assez pour faire réagir leurs alliés allemands au Parlement européen, tous deux membres du Parti populaire européen (PPE – centre droit) : « Si Les Républicains prennent vraiment ce chemin vers [le RN], il n’y aura plus de place au sein du PPE pour ce parti autrefois fier, qui se marginalise par une telle ingratitude », avait lancé Jürgen Hardt le 11 juin.
Pour autant, la décision par les LR aujourd’hui de ne pas faire barrage systématiquement face au RN est « compréhensible », souligne le porte-parole, qui fait une différence entre l’absence de consigne de vote et un appel explicite à voter extrême droite : « Si LR appelait à voter RN au second tour, leur position au sein du PPE devrait être sérieusement remise en question ».
C’est un adoubement pour la tête de liste LR aux élections européennes, l’influent François-Xavier Bellamy, qui avait clairement dit au début de la campagne qu’il voterait « bien sûr » RN au second tour si le candidat LR n’est plus en lice.
C’est le même François-Xavier Bellamy qui a été élu la semaine dernière vice-président du PPE au Parlement et trésorier du parti européen.
Les Républicains ont récolté 6,57 % des suffrages exprimés dimanche soir et pourraient jouer un rôle pivot dans la nouvelle Assemblée nationale. Là où le RN est en passe d’obtenir entre 240 et 270 sièges, les LR, avec 30 à 50 sièges, pourraient assurer à l’extrême droite une majorité absolue de 289 sièges.
Contacté par Euractiv, le président du PPE, Manfred Weber – aussi membre de la CDU – n’a pas souhaité faire de commentaires.
Nick Alipour a contribué à la rédaction de cet article.