La Commission européenne souhaite renforcer les contrôles aux frontières extérieures
La Commission européenne s’est engagée à renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’UE afin de lutter contre la migration illégale. C’est ce qu’a écrit la présidente de la Commission dans une lettre envoyée aux États membres.
La Commission européenne s’est engagée à renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’UE afin de lutter contre la migration illégale. C’est ce qu’a écrit la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans une lettre envoyée aux États membres mardi (20 mars) et consultée par EURACTIV.
La migration constitue une priorité pour l’UE alors que les franchissements illégaux de frontières ont augmenté de 77 % en 2022 par rapport à l’année précédente, exerçant une pression croissante sur l’exécutif européen.
« [Disposer] de frontières extérieures efficaces, travailler avec des partenaires pour empêcher les départs irréguliers et briser le modèle commercial des réseaux de passeurs, soutenir ceux qui ont besoin d’une protection internationale, offrir des voies légales alternatives sûres et renvoyer ceux qui n’ont pas le droit de rester » sont les priorités soulignées par Mme von der Leyen dans la lettre envoyée en amont du prochain Conseil européen, qui aura lieu jeudi et vendredi (23-24 mars).
Plus de ressources pour les contrôles
Dans sa lettre, Mme von der Leyen cite un large éventail d’investissements de la Commission visant à moderniser et à élargir les procédures de contrôle aux frontières ainsi qu’à augmenter les capacités d’accueil et les retours. Certains contrôles sont déjà en place, tandis que d’autres doivent être négociés.
Elle a souligné que 600 millions d’euros ont été débloqués en vue d’« aider les États membres au moyen de contrôle des frontières et d’équipements technologiques » qui seront d’abord utilisés à la frontière entre la Bulgarie et la Turquie.
Un montant supplémentaire de 220 millions d’euros a été alloué à la Turquie « pour prévenir les flux migratoires irréguliers aux frontières orientales ».
Un autre investissement d’un montant total de 200 millions d’euros « ciblera l’aide à l’accueil en répondant à des enjeux clés tels que l’accueil des mineurs non accompagnés, par l’augmentation des capacités à proximité des frontières extérieures et la satisfaction des besoins d’États membres spécifiques ».
De nouvelles livraisons de navires à la Libye pour les opérations de recherche et de sauvetage (SAR) sont attendues prochainement, a écrit la présidente de la Commission dans la lettre, à la suite de l’annonce relative aux fonds de l’UE destinés à ces bateaux à la fin du mois de janvier.
Lundi (20 mars), la Commission a indiqué aux journalistes que l’exécutif européen était prêt à reprendre la formation des très controversés garde-côtes libyens « dès que la partie libyenne sera prête » dans le cadre du mandat de l’opération militaire de l’UE en Méditerranée centrale (EUNAVFOR MED IRINI).
Le règlement de Dublin
La Commission a souligné l’importance d’une application effective du règlement de Dublin, qui stipule que lorsqu’une personne arrive dans l’UE, elle doit demander l’asile dans l’État membre d’arrivée.
En outre, Mme von der Leyen a précisé qu’elle soutenait les travaux visant à « réduire les incitations aux mouvements secondaires » après l’enregistrement d’une personne.
Les institutions européennes ont tenté de réformer sans succès le règlement de Dublin sous l’administration de Jean-Claude Junker (2014 et 2019).
Approuvée à l’époque par le Parlement européen, la réforme proposait de supprimer les contraintes liées aux demandes dans l’État membre d’arrivée, mais elle n’a pas été acceptée lors du trilogue avec la Commission et le Conseil.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]