La Commission fourbit ses armes contre la Hongrie
La Commission européenne hausse le ton face à Budapest et sa nouvelle constitution. Elle demande que le pays soit sanctionné pour son déficit excessif. D’autres procédures pourraient être lancées.
La Commission européenne hausse le ton face à Budapest et sa nouvelle constitution. Elle demande que le pays soit sanctionné pour son déficit excessif. D’autres procédures pourraient être lancées.
Après des premières réactions très prudentes sur les dérives autocratiques de la nouvelle constitution hongroise, la Commission européenne commence à hausser le ton.
Un milliard
Lors de sa conférence de presse quotidienne, mercredi 11 janvier, l’exécutif européen a annoncé que, dans un premier temps, il allait demander des sanctions contre Budapest, dont le déficit budgétaire est trop important.
Les autres gouvernements européens, réunis au sein du Conseil, devront se prononcer sur le dossier. C’est la première fois que cet outil de sanction, mis en place à l’automne dernier, est utilisé. La Hongrie pourrait se voir priver de plus d’un milliard d’euros d’aides européennes.
La semaine prochaine
En parallèle à cette première offensive, l’exécutif européen, qui est aussi le gardien des traités, a fait monter la pression au sujet du contenu même de la nouvelle constitution.
La porte parole de l’institution, Pia Ahrenkild-Hansen, a annoncé que les analyses se poursuivaient mais que la Commission était « préoccupée ». Elle se réserve ainsi « le droit de lancer des procédures en infraction », lors de la prochaine réunion des commissaires européens, prévue le 17 janvier. Elles concerneraient trois domaines : l’indépendance des juges, de la banque centrale et de l’autorité de protection des données.
Dans une lettre adressée à la Commission, que s’est procurée le Financial Times, le ministre hongrois des Affaires européennes insiste sur le fait que la nouvelle constitution de son pays est en règle avec le droit communautaire.
Problème hongrois
Dans le même temps, le gouvernement s’est déclaré plusieurs fois prêt à la modifier si nécessaire. La pression du FMI, qui pourrait faire plier la Hongrie, explique l’ambiguïté de la position du gouvernement de Viktor Orban.
Il discute actuellement de l’octroi d’un prêt pour tenter de sortir la pays de sa très mauvaise situation économique. Or, l’institution internationale ne validera pas l’octroi d’une aide si l’indépendance de la banque centrale n’est pas garantie.
Jusqu’à présent, les gouvernements des pays de l’UE sont restés extrêmement discrets sur la nouvelle constitution hongroise et ses entorses aux standards démocratiques européens. Seul Paris s’est exprimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui a reconnu l’existence d’un « problème ».
Eviter l’Autriche
Le Premier ministre hongrois, homme fort du pays, est membre du Parti populaire européen, comme quinze autres chefs d’État et de gouvernement de l’UE. La Commission chercherait leur soutien avant d’agir plus fermement.
De leur côté, les dirigeants des 27 ne veulent pas répéter les mêmes erreurs qu’en 2000 avec l’Autriche, lorsque le parti conservateur s’était allié avec l’extrême droite. Après de vives réactions, l’UE avait dû faire marche arrière, ses sanctions ne pouvant se justifier sur le plan légal.