La Commission revoit la croissance française à la baisse
Les prévisions d’automne publiées le 10 novembre tablent sur une croissance française de 0,6% en 2012 et 1,4% en 2013. Bruxelles demande à la France des efforts supplémentaires.
Les prévisions d’automne publiées le 10 novembre tablent sur une croissance française de 0,6% en 2012 et 1,4% en 2013. Bruxelles demande à la France des efforts supplémentaires.
Alors que le gouvernement français vient de revoir ses prévisions de croissance à la baisse – 1% l’année prochaine, puis 2% en 2013 – la Commission européenne fait preuve d’encore plus de pessimisme.
Dans ses prévisions d’automne présentées le 10 novembre, elle estime l’augmentation du PIB à 0,6% en 2012, puis 1,4% l’année suivante.
Effort supplémentaire
Le vice-président en charge des affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a salué les nouvelles mesures de rigueur annoncées le 7 novembre par le Premier ministre français.
Il estime cependant que, compte-tenu des prévisions économiques, l’Hexagone devra réaliser un effort budgétaire supplémentaire pour parvenir à réduire son déficit à 3% à l’horizon 2013.
« Nous pensons que le mieux pour la France serait qu’elle annonce au plus tôt les mesures nécessaires au maintien de son déficit dans les limites officielles pour 2012 et 2013 », a déclaré le vice-président.
Côté gouvernement français, pas d’inquiétudes. Les mesures de rigueur prises le 7 novembre permettront de tenir les objectifs fixés par Bruxelles aussi bien en 2012 qu’en 2013.
« Le budget 2013 intègrera, en outre, une réserve destinée à faire face à une croissance plus faible que prévu », déclarent François Baroin et Valérie Pécresse dans un communiqué commun.
Croissance en 2013
Les autres pays européens ne sont pas mieux lotis. La Commission évalue la croissance de l’Allemagne à 0,8% en 2012, et 1,5% l’année suivante. En Grèce, après une récession de 2,8% en 2012, la situation devrait progressivement s’améliorer, avec une augmentation du PIB de 0,7% en 2013.
La croissance de l’Union européenne devrait être de 0,6 % l’année prochaine et de 1,5% en 2013. Quant à la zone euro, ses prévisions sont respectivement de 0,5% et 1,3 %.
Quant à la dette, malgré les mesures d’assainissement des finances publiques et de réduction des déficits, son taux devrait continuer d’augmenter. Il sera de 85 % du PIB dans l’Union européenne en 2012, avant de se stabiliser l’année suivante. La zone euro verra son taux dépasser les 90 % en 2012.
Risque de récession
Dans son rapport, la Commission n’exclut pas le risque de récession. Elle considère que ce danger « provient principalement des craintes liées à la dette souveraine, du secteur financier et des échanges mondiaux ».
Cependant, les mesures adoptées ces derniers mois devraient contribuer à lever l’incertitude sur la dette souveraine et la crise financière vers le milieu de l’année 2012, estime Bruxelles.