La Commission veut attirer plus de personnel dans l’industrie de la défense
La Commission européenne effectue des enquêtes auprès du personnel des entreprises du secteur de la défense de l’UE, des jeunes professionnels et étudiants dans le cadre d’une initiative visant à attirer davantage de travailleurs dans le secteur.
La Commission européenne effectue des enquêtes auprès du personnel des entreprises du secteur de la défense de l’Union européenne (UE), des jeunes professionnels et étudiants dans le cadre d’une initiative visant à attirer davantage de travailleurs dans le secteur.
La semaine dernière, l’exécutif européen a lancé deux enquêtes, l’une à destination du personnel du secteur de la défense, l’autre à destination des jeunes travailleurs ou des étudiants n’ayant pas encore travaillé dans le secteur. Les questionnaires visent à recueillir des informations sur l’intérêt des répondants à travailler dans le secteur de la défense.
Le questionnaire s’adressant aux personnes travaillant déjà dans le secteur a pour objectif de « comprendre leurs expériences et les éventuelles mesures que l’industrie peut prendre pour devenir un employeur plus attrayant », précise l’exécutif de l’UE sur son site Internet.
« Qu’est-ce qui est important pour vous lorsque vous réfléchissez à votre poste actuel/futur ? », demande notamment la Commission dans son enquête.
Les personnes interrogées peuvent sélectionner plusieurs critères, tels que le niveau de rémunération, l’opportunité de contribuer à l’innovation technologique, au renforcement de la sécurité nationale et/ou internationale, ou encore l’engagement en faveur de la durabilité.
D’autres questions portent sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, le style de management ou les opportunités de carrière dans le secteur. « Quelles sont les principales raisons pour lesquelles vous envisageriez de changer de secteur ? », demande-t-on par exemple aux travailleurs du secteur.
« Dans quelle mesure pensez-vous que l’industrie européenne de la défense en général tient compte des droits de l’Homme et de l’éthique lorsqu’elle prend une décision en matière d’exportation ? », interroge également la Commission.
L’augmentation des besoins d’équipements de défense au cours des dernières années s’est traduite par la nécessité de créer des emplois en conséquence. « L’accès de l’industrie à une main-d’œuvre qualifiée est un facteur essentiel de cette montée en puissance », écrit la Commission dans sa présentation des questionnaires.
L’emploi dans le secteur a augmenté de 8 % en 2023 par rapport à l’année précédente, selon l’Association des industries de défense (ASD). En 2022, le secteur avait déjà enregistré une croissance de 5,2 % des emplois.
En outre, l’industrie a attiré l’attention sur la nécessité de disposer d’une main-d’œuvre plus qualifiée pour répondre à la demande découlant de l’augmentation des commandes à la suite de la guerre en Ukraine, ainsi qu’au souhait à long terme de reconstituer et d’augmenter les stocks de l’Union, entamés par cette guerre. Les États-Unis sont confrontés à des problèmes similaires.
Mais le secteur de la défense a toujours été loin d’être le plus attractif pour les travailleurs.
Le manque d’intérêt des jeunes pour ce secteur est généralement attribué au fait qu’il est perçu comme immoral ou non durable. À cela s’ajoute le fait que les usines sont généralement situées dans des zones reculées, loin des villes.
« La pénurie de main-d’œuvre et de compétences qui prévaut actuellement trouve son origine dans le sous-investissement antérieur dans les nouveaux programmes de défense et dans le manque d’attrait du secteur, ainsi que dans la mobilité restreinte et le vieillissement de la main-d’œuvre », peut-on lire dans la stratégie industrielle de défense de l’UE, qui vise à stimuler la production militaire au sein de l’Union.
La Commission et la Haute représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, ont promis, par le biais de la nouvelle stratégie industrielle de défense européenne, de réduire la pénurie de main-d’œuvre et de compétences dans le secteur en « intégrant » la défense et en « explorant des actions visant à améliorer la mobilité de la main-d’œuvre et à soutenir l’éducation liée à la défense ».
[Édité par Anne-Sophie Gayet]