La communication de l'EU critiquée par des professionnels des médias [FR]
Une nouvelle chaîne de télévision paneuropéenne a peu de chances de réussir et la politique de communication de l'UE doit être radicalement décentralisée en utilisant de nouvelles technologies de 'journalisme citoyen' : voici les deux principales recommandations de la conférence des professionnels des médias, qui s'est tenue à Helsinki les 4 et 5 décembre.
Une nouvelle chaîne de télévision paneuropéenne a peu de chances de réussir et la politique de communication de l’UE doit être radicalement décentralisée en utilisant de nouvelles technologies de ‘journalisme citoyen’ : voici les deux principales recommandations de la conférence des professionnels des médias, qui s’est tenue à Helsinki les 4 et 5 décembre.
La conférence a abordé de nombreuses questions portant sur la relation entre les méthodes de communication des institutions européennes et les médias. La Commission (ainsi que d’autres institutions) a exprimé sa frustration sur le manque de couverture des affaires européennes par les médias. L’une des solutions avancées dans le Livre blanc est de fournir aux journalistes plus de données contextuelles et de meilleure qualité et de moderniser le service audiovisuel de l’UE ‘Europe By Satellite’.
L’un des points épineux de cette conférence a été de déterminer si l’Europe avait ou non besoin d’une nouvelle chaîne de télévision pan-européenne. La grande majorité des professionnels des médias a estimé que ce serait « vraiment gaspiller l’argent des contribuables » et que l’impact serait modéré. Des intervenants britanniques ont mentionné à titre d’exemple le peu de succès de leurs chaînes parlementaires nationales.
Un autre sujet de débat a été la question de l’indépendance des médias, qui reçoivent parfois des subventions publiques importantes de la Commission. Les représentants des services publics de diffusion présents (Euronews, Deutsche Welle) ont estimé que ce financement ne compromettait pas leur indépendance, ce que les diffuseurs publicitaires ont contesté, demandant une analyse plus précise du « placement de problématiques » (le média met l’accent sur certains sujets à la demande de son financeur).
Deux sessions spéciales portant sur les nouvelles technologies (blogs, vlogs, vidéos à la demande, podcasts), les nouveaux médias en ligne et l’émergence d’un « journalisme citoyen » ont souligné que les publics étaient de plus en plus fragmentés et que les jeunes s’informaient désormais sur Internet, au détriment de la télévision.
L’une des principales recommandations des participants a été de décider d’utiliser les nouvelles possibilités en fonction du contenu, et non des nouvelles technologies. Les vidéos prises par les citoyens (au moyen de leurs téléphones portables) lors d’événements spectaculaires ou bouleversants susciteront l’intérêt du grand public, tandis que les réunions parlementaires et les rapports de conférence retiendront peu ou pas du tout l’attention du public. Les blogs peuvent être utiles, mais pourraient aussi n’attirer que les « élites du blogging ».
La conférence s’est longuement penchée sur les expériences de télévision locale, où des « communautés d’intérêt » ont utilisé de nouvelles technologies vidéo pour couvrir des questions d’actualité (par exemple la violence conjugale, les conditions de vie dans les banlieues ou les tensions entre les communautés religieuses ou ethniques). Plusieurs participants de la conférence estiment que l’UE devrait financer des projets semblables pour soutenir l’éducation aux médias des acteurs de terrain et les relier aux décideurs politiques.
Tous les participants étaient d’accord sur le fait que les journalistes européens devaient être mieux formés, mais certains d’entre eux considèrent qu’il ne doit pas s’agir de la responsabilité de la Commission.
Les propres méthodes de communication de la Commission ont été vivement critiquées le deuxième jour, certains délégués soulignant que :
- Europa, le site Internet de l’UE, sous-utilise encore les technologies élémentaires du web, comme les liens hypertexte entre les documents stratégiques et des informations de contexte externes;
- la presse a du mal à obtenir des entretiens ‘sur place’ avec des commissaires et les compétences en communication des fonctionnaires européens sont très médiocres;
- il faut améliorer les services « de planification en amont » pour garantir que les médias savent à l’avance ce qui va se passer;
- l’UE est une « énorme machine à compromis » et redoute le drame, le conflit ou les différences d’opinion, ce qui donne un caractère ennuyeux à l’Europe.
Les points forts de toutes les sessions de la conférence peuvent être visionnés sur les pages web « Europe in Vision » proposées par les services audiovisuels de la Commission.