La compagnie pétrolière polonaise PKN Orlen accusée de gonfler les prix à la pompe
L’entreprise publique PKN Orlen aurait gonflé les prix des carburants l’année dernière pour assurer des marges plus importantes. Automobilistes et collectivités locales s'indignent haut et fort.
L’entreprise publique PKN Orlen aurait gonflé les prix des carburants l’année dernière pour assurer des marges plus importantes. Automobilistes et collectivités locales s’indignent haut et fort.
Le 1er janvier, les taux d’imposition sur les carburants en Pologne sont revenus aux niveaux observés avant l’introduction d’un « bouclier anti-inflationniste » introduit à la fin 2021. Celui-ci permettait notamment d’exclure la TVA du prix de l’essence, le gouvernement assumant une politique déflationniste dans un contexte d’explosion des prix.
La fin du bouclier aurait donc dû voir les prix à la pompe augmenter à nouveau… mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Au contraire, suite à une décision de PKN Orlen de baisser considérablement les prix des carburants le dernier jour de 2022, les prix au premier janvier étaient pour le moins similaires, voire identiques, à ce que les automobilistes avaient connu tout au long de l’année.
Il n’en a pas fallu beaucoup plus pour que les automobilistes accusent l’entreprise publique d’avoir gonflé artificiellement les prix.
Les responsables des collectivités locales calculent leurs pertes. Par exemple, les représentants des régions métropolitaines de Haute-Silésie et de Zagłębie estiment avoir dépensé environ 3 millions de PLN (642 000 €) de plus dans les transports publics en raison du carburant plus cher.
Selon les économistes de mBank research, l’ingénierie des prix d’Orlen a également eu un impact sur l’inflation en Pologne, estimant que l’augmentation des prix du carburant tout au long de 2022 a fait grimper l’inflation à 17,5 % en novembre, au lieu des 16,9 % prévus.
Les politiciens du parti Droit et Justice (PiS), au pouvoir en Pologne, se sont montrés prudents à l’égard des activités d’Orlen.
« S’il y avait un comportement anormal sur le marché, nous avons toujours le Bureau de protection des consommateurs et de la concurrence, qui peut intervenir », a déclaré la ministre du Climat et de l’Environnement, Anna Moskwa, à RMF FM.
« Je crois que, comme les mois précédents, ces prix [du carburant — ndlr] sont maintenus ». Le président d’Orlen a annoncé que les prix seraient stables, et ils le sont », a-t-elle ajouté.