La consommation de carburant pourrait être divisée par deux d’ici 2030 selon l’AIE
La consommation de carburant pourrait être divisée par deux en 20 ans si les politiques adéquates sont mises en place, même si le nombre de voitures en circulation dans le monde devrait doubler. C’est ce qu’a annoncé l’Agence internationale de l’énergie.
La consommation de carburant pourrait être divisée par deux en 20 ans si les politiques adéquates sont mises en place, même si le nombre de voitures en circulation dans le monde devrait doubler. C’est ce qu’a annoncé l’Agence internationale de l’énergie.
La demande accrue du secteur des transports, qui représente actuellement un cinquième de la consommation finale d'énergie dans le monde, devrait être responsable de la consommation mondiale croissante de pétrole, selon deux rapports publiés mercredi (19 septembre) par l'AIE.
Ces rapports identifient toutefois un « potentiel gigantesque » de réduction de la demande de carburant pour les transports, même si le nombre de voitures venait à doubler d'ici 2050.
Un des rapports porte sur les technologies de transport existantes (Technology Roadmap: Fuel Economy of Road Vehicles) tandis que l'autre (Policy Pathway: Improving the Fuel Economy of Road Vehicles) étudie les modifications qui devront être opérées dans les politiques afin de stimuler l’élaboration de nouvelles technologies.
L'AIE présente l'efficacité des carburants comme l'un des outils nécessaires pour réduire la dépendance mondiale de plus en plus coûteuse à l'égard du pétrole.
Les pression sur un certain nombre d'entreprises dépendantes du pétrole, comme celles du secteur de l'agriculture et de la construction, se sont accentuées, ce qui a fait grimper en flèche les prix des denrées alimentaires et d’autres biens de consommation.
Mais si les bonnes politiques sont mises en place pour promouvoir les nouvelles technologies et améliorer l'efficacité des carburants, la planète pourra économiser 4/5 de sa consommation actuelle de carburant, selon l'AIE.
Plus de 50 % de la consommation mondiale de carburant incombe au secteur des transports, dont 3/4 pour les transports routiers, indique le rapport.
« S'attaquer à la consommation d'énergie dans le secteur du transport routier est indispensable pour améliorer la sécurité énergétique et réduire les émissions de dioxyde de carbone dans le monde », a affirmé Richard Jones, directeur exécutif adjoint de l'AIE.
« Les véhicules classiques équipés de moteur à combustion continueront à être commercialisés pendant un bon moment et en l'absence de politiques appropriées, telles que celles décrites dans ces rapports, la demande en énergie des véhicules routiers deviendra insoutenable », a ajouté M. Jones.
Pour réduire leur dépendance au pétrole et réaliser des économies d’énergie, les gouvernements doivent agir « rapidement » et promouvoir l'utilisation des technologies disponibles.
Par rapport aux niveaux de 2005, il serait possible d’économiser 30 à 50 % de carburant pour tous les véhicules d'ici 2030, précise le rapport technique de l'AIE. « C'est l'occasion rêvée d'économiser du pétrole et de réduire les émissions de dioxyde de carbone (CO2) au cours des deux prochaines décennies et au-delà. »
Obstacles politiques
Bien que de nombreuses technologies à faible consommation d'énergie soient déjà peu coûteuses et disponibles sur le marché, des obstacles politiques entravent souvent leur développement.
« Des politiques solides sont nécessaires pour s'assurer que ces technologies seront réellement efficaces dans 10 ou 20 ans », expliquent les experts dans leur rapport technique.
D'autres technologies nécessitent des recherches supplémentaires pour être rentables, notamment les systèmes de récupération de chaleur et les matériaux légers, selon l'AIE.
De nouvelles politiques doivent promouvoir les technologies à faible consommation de carburant et accroître les économies possibles, précise l'agence. Des politiques devraient encourager la transformation du nouveau marché des véhicules en remédiant aux défaillances du marché, aux coûts de départ élevés nécessaires aux technologies novatrices et aux lacunes en matière d'information.
Pour cela, l'AIE a proposé trois grands axes politiques :
- des mesures portant sur l’information telles que l'étiquetage indiquant la consommation de carburant et/ou les émissions de dioxyde de carbone ;
- des normes de consommation de carburant et d'émission de CO2 ;
- des mesures budgétaires telles que des taxes sur les véhicules, des avantages fiscaux et des accises sur les carburants.
Les taxes constituent des incitatifs progressifs importants pour économiser du carburant et sont un élément indispensable pour toutes les mesures destinées à promouvoir le transport durable, selon l'AIE. L'AIE a cité le Danemark en exemple : les taxes à l'achat d'un véhicule y sont très élevées, mais les véhicules à plus haut rendement énergétique, tels que les voitures électriques, sont subventionnés.
Certains pays disposent de politiques de consommation de carburant depuis des années, mais des politiques renforcées n'ont été adoptées que récemment sur de grands marchés de l'OCDE tels que les États-Unis, l'Union européenne et la Chine. Le reste du monde, dont les principales économies émergentes, ne dispose toujours pas de réglementations ou de systèmes d'étiquetage sur la consommation de carburant, ni de mesures budgétaires.