La crise d’otages en Algérie pèse lourd sur la réunion de l’UE

À la veille d’une réunion des ministres européens des affaires étrangères à Bruxelles aujourd’hui (17 janvier) sur le conflit au Mali, un groupe lié à al-Qaïda a pris en otage 41 Occidentaux sur un site gazier en Algérie. Des groupes islamistes ont signalé au président français, François Hollande, qu’il avait ouvert « les portes de l’enfer » avec son opération dans le pays voisin.

EURACTIV.com
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À la veille d’une réunion des ministres européens des affaires étrangères à Bruxelles aujourd’hui (17 janvier) sur le conflit au Mali, un groupe lié à al-Qaïda a pris en otage 41 Occidentaux sur un site gazier en Algérie. Des groupes islamistes ont signalé au président français, François Hollande, qu’il avait ouvert « les portes de l’enfer » avec son opération dans le pays voisin.

Un groupe de « signataires par le sang » a fait irruption sur un site d’exploitation gazière dans le sud-est de l'Algérie avant l'aube mercredi.

Cette attaque serait liée au soutien militaire apporté par la France au gouvernement malien.

Des fonctionnaires algériens ont indiqué que 41 ressortissants étrangers sont retenus en otage, notamment des Américains, des Autrichiens, des Britanniques, des Français, des Irlandais et des Japonais. La Norvège a déclaré que 13 de ses citoyens étaient retenus en otage. Selon Euronews, une entreprise française de restauration a précisé que 150 de ses employés algériens étaient également retenus.

Le ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, a confirmé la mort d'un Britannique. Selon des médias algériens, un ressortissant algérien a été tué au cours de l'attaque. Un autre média local a évoqué la mort d'un ressortissant français.

« C'est une situation dangereuse et qui évolue rapidement  », a déclaré M. Hague à Sydney jeudi. Il a ajouté que le premier ministre David Cameron s'était entretenu avec le président algérien, Abdelaziz Bouteflika.

« Nous avons dépêché une équipe de déploiement rapide […] afin de renforcer l'ambassade et le consulat sur place. La sécurité des personnes concernées et de leurs collègues est une priorité absolue et nous travaillons sans interruption pour résoudre cette crise ».

Le site gazier d'In Amenas est exploité par une entreprise commune entre Sonatrach, la compagnie pétrolière nationale algérienne, BP et Statoil.

Les ministres européens des affaires étrangères devraient se réunir aujourd'hui et soutenir davantage les opérations françaises au Mali.

La guérilla revendique l'attaque

Les assaillants sont dirigés par Mokhtar Belmokhtar, un vétéran algérien des guérillas en Afghanistan et un commandant haut placé d'al-Qaïda selon la BBC. Il a demandé à la France de mettre fin à l’intervention lancée il y a une semaine au Mali.

Des pays occidentaux craignent qu'al-Qaïda, qui regorge d'hommes et d'armes des forces vaincues de Mouammar Kadhafi (Libye), n'érige un refuge dans le Sahara.

Un diplomate haut placé de l'UE a déclaré que ce refuge pour terroristes pourrait se transformer en un pays semblable à l'Afghanistan. Il pourrait attirer des djihadistes d'Europe et les préparer à attaquer des cibles européennes.

Les militants, qui communiquent grâce à des contacts avec des médias en Mauritanie voisine, ont indiqué qu'ils disposaient de dizaines d'hommes sur le site, proche de la ville d'In Amenas, près de la frontière libyenne. Ils ont précisé qu'ils étaient armés de mortier et de missiles antiaériens.

Ils ont déclaré qu'ils avaient repoussé un raid des forces algériennes à la tombée de la nuit mercredi. Le gouvernement n'a pas réagi à ces déclarations. Selon des fonctionnaires algériens, environ 20 hommes armés étaient impliqués.

Ces militants n'ont pas formulé de menace explicite, mais ont précisé que la vie des otages était en danger : « Nous tenons les gouvernements algérien et français et les pays des otages pour entièrement responsables de la lenteur dans la satisfaction de nos revendications en tête desquelles se situe l’arrêt immédiat de l’agression contres les nôtres au Mali », peut-on lire dans un communiqué publié par les médias mauritaniens.

Le groupe a également déclaré que ses combattants avaient dissimulé des explosifs sur le site et que toute tentative de libération des otages conduirait à une « fin tragique ». Le grand nombre d'hommes armés et d'otages impliqués complique sérieusement toute opération de sauvetage.

Certains spécialistes se demandaient si les militants avaient prévu l'attaque du site gazier algérien avant que la France ne lance son intervention au Mali. Des islamistes ont souligné que François Hollande avait « ouvert les portes de l'enfer » pour tous les citoyens français, selon Reuters.