La démission du Premier ministre belge plonge le pays dans la crise [FR]
Un peu plus de quatre mois après la formation de son gouvernement, le Premier ministre Yves Leterme a présenté sa démission, reconnaissant l’échec du compromis suite aux demandes de la Flandre de transférer plus de pouvoirs aux régions.
Un peu plus de quatre mois après la formation de son gouvernement, le Premier ministre Yves Leterme a présenté sa démission, reconnaissant l’échec du compromis suite aux demandes de la Flandre de transférer plus de pouvoirs aux régions.
M. Leterme, un chrétien démocrate flamand (CD&V) qui était péniblement parvenu à former un gouvernement en mars 2008 après avoir remporté les élections en juin 2007, a présenté sa démission au roi dans la nuit d’hier, 14 juillet.
Désormais, le roi peut accepter la démission de M. Leterme, lui réaffirmer sa confiance en lui permettant de poursuivre avec le gouvernement actuel ou alors laisser plus de temps au pays pour trouver une solution à la crise.
A l’origine du différend figurent les demandes du CD&V et de son équivalent flamand (« Nouvelle alliance flamande »), un mouvement nationaliste, qui souhaitent accorder plus d’autonomie aux régions du pays.
En mars dernier, lors de la formation du gouvernement de M. Leterme, le CD&V avait averti qu’il lui retirerait sa confiance d’ici la mi-juillet s’il estimait que les résultats obtenus concernant la réforme de l’Etat et les questions linguistiques étaient insuffisants. Ces sujets ont en effet provoqué des années de désaccords entre les francophones et les Flamands (EURACTIV 19/03/08).
La Flandre, région plus prospère au nord de la Belgique, a longtemps insisté pour gagner plus d’autonomie par rapport à la Wallonie, la partie sud francophone de la Belgique, qui s’efforce de retrouver son glorieux passé industriel.
Cette fois-ci, c’est Kris Peeters, le dirigeant du CD&V, qui a retiré son soutien aux pourparlers institutionnels avec les partis francophones qu’il était censé mener pour la Flandre.
Du côté francophone, Didier Reyners (MR, un parti libéral), ministre des Finances et vice-Premier ministre, a regretté que les négociations sur le budget et les réformes socio-économiques aient échoué en raison de disputes institutionnelles. Il a déclaré que les partis francophones se réuniraient mardi 15 juillet pour évaluer la situation.
La crise belge est suivie de près par les institutions européennes siégeant à Bruxelles. En effet, le futur statut de la capitale belge pourrait faire l’objet de débats lors de la prochaine série de pourparlers institutionnels.
Les partis francophones n’ont cessé de mettre en garde contre la scission du pays, demandée par 49,7 % des Flamands d’après un récent sondage.
Mais la question du statut de Bruxelles, une ville à majorité francophone, pose problème étant donné la capitale de l’Europe se situe géographiquement en Flandre.