La disparition des sujets Éducation et Culture inquiète les eurodéputés.

Il n’y a plus de commissaire dédié à la Culture ou l’Éducation dans l’équipe présentée par Ursula von der Leyen. Une situation qui inquiète les députés européens consultés par Ouest-France.

Ouest-France
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Il n’y a plus de commissaire dédié à la Culture ou l’Éducation dans l’équipe présentée par Ursula von der Leyen. Une situation qui inquiète les députés européens consultés par Ouest-France.

L’Éducation et la Culture sont-elles en danger au niveau européen ? La disparition de ces deux thèmes dans l’intitulé des différents portefeuilles de la Commission européenne inquiète les eurodéputés.

Le nouvel exécutif européen, proposé par Ursula von der Leyen le 10 septembre, a déjà suscité de multiples remous, notamment dans l’appellation du portefeuille « protéger notre mode de vie européen » accordé au Grec Margaritis Schinas. La dénomination a choqué une partie de la gauche européenne qui ne comprend pas que la question migratoire se retrouve en partie dans ce portefeuille. L’eurodéputée Sylvie Guillaume (PS, groupe S & D) estime ainsi que cette terminologie « très défensive » fait l’amalgame entre migrants et une Europe qui serait assiégée.

D’autres observateurs, à l’instar d’Antoine Arjakovsky, directeur de recherche au Collège des Bernardins, trouvent que « le scandale réside plutôt dans le fait qu’on ait supprimé toute référence dans les intitulés des portefeuilles des commissaires européens à l’Éducation et à la Culture », expliquait-il à Ouest-France le 11 septembre dernier. « Cela fait des décennies qu’il y a un travail sur cette question, même si les budgets ne sont pas importants. Pour permettre au mode de vie européen de se développer, il faut justement beaucoup d’éducation et de culture », expliquait-il.

La Commission se veut rassurante

À la Commission, on tient un discours positif. Concernant l’Éducation, « il n’y a rien qui change » et la « direction générale » (nom d’une administration dédiée au niveau européen) reste attachée à la commissaire européenne, d’origine bulgare, Mariya Gabriel.

L’idée est d’avoir une approche transversale qui ne sera pas cantonnée à un seul portefeuille. L’Éducation va ainsi être prise en charge prioritairement par Mariya Gabriel (Innovation et Jeunesse) et la Culture par Margaritis Schinas (Protection de notre mode de vie européen). Mais les commissaires en charge du Numérique auront aussi à travailler ces questions.

« Le budget dédié à Erasmus + augmente et cette question aura plus d’importance dans la prochaine mandature », affirme-t-on à la Commission. Ursula von der Leyen a du reste confirmé lors de son audition devant les eurodéputés le 10 juillet dernier, que le budget d’Erasmus + sera triplé. « Entre ce qui est dit et ce qui et fait, il y a parfois une grande différence », se méfie toutefois l’eurodéputée Anne-Sophie Pelletier (LFI – GUE).

Incompréhension chez les eurodéputés

À Strasbourg dans les couloirs du Parlement européen, plusieurs eurodéputés ont dit à Ouest-France avoir été « fortement surpris », à l’instar de l’élue Salima Yenbou (Alliance écologiste indépendante – Verts). « Même si ces missions sont bien décrites dans les lettres qui ont accompagné les nominations des nouveaux commissaires », relève-t-elle, « l’Éducation n’est clairement pas assez présente ».

L’eurodéputée écologiste s’inquiète également que la personne en charge de ces dossiers ne soit pas assez clairement définie : « il y a des petits bouts éparpillés partout, on va avoir ainsi sept interlocuteurs pour notre commission culture », regrette-t-elle, « d’autant plus que la ‘recherche’ a disparu au profit du terme d’innovation ».

« C’est une honte et une démission », tranche de son côté l’eurodéputée Anne-Sophie Pelletier (LFI – GUE).

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