La France condamne les propos anti-Palestine du ministre israélien Bezalel Smotrich
Le ministère des Affaires étrangères français a fermement condamné mardi (21 mars) les propos du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, de passage à Paris, qui estime que le « peuple palestinien est une invention ».
Le ministère des Affaires étrangères français a fermement condamné mardi (21 mars) les propos du ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui a déclaré que le « peuple palestinien est une invention ».
Lors d’un hommage dimanche (19 mars) à Jacques Kupfer, figure anti-palestinienne controversée du judaïsme français, disparu en 2021, le ministre ultra-conservateur israélien Bezalel Smotrich, de passage à Paris pour l’occasion, a nié l’existence d’un peuple palestinien.
« Il n’y a pas de Palestiniens, car il n’y a pas de peuple palestinien », peut-on entendre dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
Le ministre, invité par l’association « Israel is forever » dont M. Kupfer était le fondateur, a argué que « le peuple palestinien est une invention de moins de cent ans. Est-ce qu’ils ont une histoire, une culture ? Non, ils n’en ont pas. Il n’y a pas de Palestiniens, il y a juste des Arabes ».
Le podium devant lequel il a tenu ses propos était décoré d’une carte du « Grand Israël », qui inclut non seulement la Cisjordanie, mais aussi le Royaume de Jordanie.
M. Smotrich n’en est pas à sa première polémique. En réaction à une expédition punitive de colons israéliens en Cisjordanie fin février, suite à la mort de deux des leurs par des opposants palestiniens, le ministre avait dit vouloir « raser » le village palestinien d’Huwara, où avait commencé la contestation.
Condamnation de la France après 48 heures de silence
Après 48 heures de silence, Anne-Claire Legendre, porte-parole du Quai d’Orsay, a fermement condamné les propos du ministre mardi, les qualifiant d’« indignes et irresponsables ».
Elle en appelle aux membres du gouvernement israélien à « faire preuve de la dignité requise, à respecter celle des autres et à s’abstenir de toute action ou déclaration contribuant à l’escalade des tensions ».
Cette condamnation fait suite à de nombreuses prises de paroles de responsables politiques, qui accusent le ministre de mettre le feu aux poudres, après des épisodes de violences dans les territoires palestiniens occupés en Cisjordanie ces dernières semaines.
De tels propos sont « irrespectueux, dangereux et contre-productifs dans une situation qui est déjà très tendue », a déploré Josep Borrell, haut-représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, qui appelle à une condamnation formelle de la part du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.
Les Etats-Unis, par la voix du porte-parole du Conseil de sécurité nationale John Kirby, ont aussi fait part de leur « objection » face aux propos de M. Smotrich, qui ne contribuent aucunement à une désescalade dans la région, ont-ils précisé.
L’Autorité palestinienne, l’Egypte et la Jordanie ont aussi fait part de leurs condamnations. L’ambassadeur d’Israël à Amman a été convoqué lundi (20 mars).
Dès la semaine dernière, des associations antisionistes françaises avaient alerté contre la venue du ministre Bezalel Smotrich en France. L’Union juive française pour la Paix (UJFP) a demandé dans un communiqué de presse à ce qu’il n’y ait aucun contact entre le ministre israélien et ses homologues français.
EURACTIV France, qui a contacté le Quai d’Orsay pour savoir si des rencontres entre M. Smotrich et des responsables politiques du gouvernement français avaient été organisées dimanche, n’avait pas reçu de réponse au moment de la publication.