La Grèce demande à la Macédoine d'accepter les valeurs européennes
Evangelos Venizelos, le ministre grec des Affaires étrangères, estime que la Macédoine ne respecte pas les valeurs européennes. Ce qui représente un obstacle à son adhésion.
Evangelos Venizelos, le ministre grec des Affaires étrangères, estime que la Macédoine ne respecte pas les valeurs européennes. Ce qui représente un obstacle à son adhésion.
« Ce qui bloque aujourd'hui le début des négociations d’adhésion de l'Ancienne République yougoslave de Macédoine (AYRM) à l'UE n'est pas un problème toponymique » a affirmé le ministre grec des Affaires étrangères, Evangelos Venizelos, lors de la conférence de la UE-Serbie à Bruxelles le 21 janvier.
« Le problème, c’est l’acceptation des valeurs européennes et la mise en oeuvre des critères de Copenhague » a-t-il ajouté, précisant qu'il s'exprimait en tant que président du Conseil de l’UE.
La Macédoine est officiellement candidate à l'adhésion à l’UE depuis 2005. Si la Commission européenne estime que cette dernière est prête à entamer les négociations, l'ouverture effective reste bloquée faute de consensus parmi les pays membres.
L'appellation du pays, un problème de facade
Au niveau international, le nom du pays demeure « Ancienne République yougoslave de Macédoine », mais Skopje préférerait l'abréger pour celui de Macédoine. Pour Skopje, le refus grec de reconnaître cette appellation – qui désigne également une province du nord de la Grèce – constitue le blocage principal à l'ouverture des négociations.
Toutefois, les raisons semblent plus profondes. Le Conseil européen et la Commission ont tous deux exprimé de sérieuses préoccupations concernant l'évolution démocratique du pays. Le manque de limites claires entre le parti au pouvoir et l’État, la limitation de la liberté des médias et le manque d’indépendance du système judiciaire sont cités dans les rapports des deux institutions, poussant des diplomates européennes à dénoncer le "recul" opéré par le pays.
Bien que le conflit toponymique existe depuis 1995, la Macédoine a été acceptée comme membre de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Et contrairement à sa position sur le début des négociations, Athènes n’avait pas bloqué l'accession du pays au statut de candidat officiel en 2005.
L’opinion reste divisée sur le blocage grec du processus d'adhésion de l'AYRM depuis 2008. Mais les actions de la coalition gouvernementale de droite (VMRO et DPMNE) au pouvoir depuis 2006, sont souvent perçues comme « une pure provocation » envers la Grèce.
L'installation d’une statue d’Alexandre le Grand dans le centre de Skopje, le changement des noms des routes ou l’usage de la carte de la Grande Macédoine en présence du Premier ministre, Nikola Gruevski, sont perçues par Athènes comme des offenses à son territoire et son histoire.
Un soutien de la Serbie ?
Alors que la Serbie vient d'entamer le processus de négociation avec l'UE, EURACTIV a interrogé Ivica Da?i?, le Premier ministre serbe sur une possible médiation de Belgrade dans le conflit entre Skopje et Athènes. Ce dernier a répondu avec humour en serbe : « Vous voulez que nous mêlions dans cette dispute ? Non, s’il vous plaît, ne nous traînez pas dans cette affaire ! »
« Bien sûr, nous souhaitons une solution acceptable. Nous avons suffisamment de problèmes nous-mêmes, mais c’est bien que vous nous demandiez de nous impliquer, cela montre un changement. Auparavant, personne ne nous aurait demandé d’aide, on nous aurait dit de rester en retrait » a continué-t- il en amusant le public serbe par ses allusions à l’ancien statut de paria de son pays sous le régime de Miloševi?.
Plus sérieux Da?i? a ajouté: « Si nos amis et frères », fixant le ministre grec, « nous demandent de l'aide, bien sûr que nous ferons preuve de bonne volonté».