La Grèce ne reconnait toujours pas le Kosovo

La position de la Grèce de ne pas reconnaître l’indépendance du Kosovo n’a pas changé, a déclaré la présidente grecque Ekateríni Sakellaropoúlou lors d’une visite en Serbie mardi (28 mars).

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Pristina
« Il y a toujours des pressions au niveau diplomatique, mais elles n’ont pas modifié notre position, nous sommes cohérents en politique », a déclaré Mme Sakellaropoúlou après sa rencontre avec le président serbe Aleksandar Vučić. [ [Shutterstock/Truba7113]]

La position de la Grèce de ne pas reconnaître l’indépendance du Kosovo n’a pas changé, a déclaré la présidente grecque Ekateríni Sakellaropoúlou lors d’une visite en Serbie mardi (28 mars).

La Grèce est l’un des cinq pays de l’UE qui ne reconnaissent pas l’indépendance unilatérale du Kosovo vis-à-vis de la Serbie en 2008, prononcée à la suite de la guerre entre le Kosovo et la Serbie de 1998-1999. Les quatre autres pays sont Chypre, la Roumanie, l’Espagne et la Slovaquie.

« Il y a toujours des pressions au niveau diplomatique, mais elles n’ont pas modifié notre position, nous sommes cohérents en politique », a déclaré Mme Sakellaropoúlou après sa rencontre avec le président serbe Aleksandar Vučić.

Elle a également souligné que la Grèce salue l’annexe pour la mise en œuvre de l’accord vers la normalisation entre le Kosovo et la Serbie, qui a été conclue à Ohrid le 18 mars, sous l’égide de l’Union européenne.

« La Grèce est prête à soutenir Belgrade et Pristina dans la mise en œuvre de l’accord », a-t-elle ajouté.

Ses commentaires interviennent quelques jours après que le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Dendias, s’est rendu à Belgrade portant un message similaire.

Alors qu’elle aspire à jouer le rôle de « médiateur honnête » entre la Serbie et le Kosovo, Athènes a réaffirmé qu’elle ne reconnaîtrait pas le Kosovo en tant qu’État indépendant, malgré la recommandation des États-Unis en ce sens, selon le journal Kathimerini.

Les commentaires de M. Dendias sont intervenus quelques jours après sa visite au Kosovo et sa sixième rencontre avec la présidente Vjosa Osmani, ce qui a conduit certains à spéculer sur une éventuelle reconnaissance.

Dans une déclaration, la chef d’État a salué le dévouement de la Grèce et son soutien constant à la libéralisation des visas et à l’intégration euroatlantique du Kosovo.

« La réunion a également porté sur les relations entre le Kosovo et la Grèce […] et la présidente Osmani s’est montrée prête à renforcer les relations bilatérales », a déclaré la présidence du Kosovo dans un communiqué de presse.

La Grèce reconnaît toutefois les passeports kosovars, mais à l’approche des élections du mois de mai, toute démarche en vue d’une reconnaissance ne serait probablement pas judicieuse pour le parti au pouvoir.

Pendant ce temps, à Pristina, le Premier ministre Albin Kurti a rendu un hommage floral à la mémoire de 40 citoyens tués par les forces serbes à Peja pendant la guerre.

Il a appelé la Serbie à se confronter à son passé, étant donné que le pays continue encore aujourd’hui à nier nombre d’atrocités et de massacres commis.

« La justice et la vérité sont nécessaires à la paix et à la sécurité à long terme, pour tout le monde et pour des relations normales et de bon voisinage. La Serbie doit se confronter à son passé criminel au Kosovo, et le bureau du procureur spécial doit travailler jour et nuit pour traduire les responsables en justice et entamer ainsi la réhabilitation des victimes », a-t-il déclaré.

« On sait que les victimes ne sont pas seulement les personnes tuées et enlevées, mais aussi leurs familles, leurs proches et l’ensemble de notre société », a ajouté M. Kurti.