La Hongrie défend son blocage d’une rencontre OTAN-Ukraine

Le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce a défendu le maintien du blocage de Budapest concernant la convocation officielle de la Commission OTAN-Ukraine (COU) en expliquant que les droits d’une minorité hongroise en Ukraine seraient bafoués.  

Euractiv.com
Informal Meeting of European Energy Ministers in Prague
Le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó [EPA-EFE/MARTIN DIVISEK]

Le ministre hongrois des Affaires étrangères et du Commerce a défendu le maintien du blocage de Budapest concernant la convocation officielle de la Commission OTAN-Ukraine (COU) en expliquant que les droits d’une minorité hongroise en Ukraine seraient bafoués.

Mardi (29 novembre), au début d’une réunion de deux jours à Bucarest, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN se sont penchés sur les moyens de soutenir l’armée de Kiev et d’assurer que les Ukrainiens se trouvent en sécurité et au chaud durant l’hiver à venir.

Leur homologue ukrainien, Dmytro Kuleba, ne les a toutefois rejoints que pour le dîner, car Budapest ne souhaitait pas qu’il assiste à une session formelle entière, rapporte le quotidien britannique Financial Times.

« Il n’y a rien de nouveau ou de surprenant dans notre position. Nous avons clairement indiqué il y a des années de cela que tant que l’Ukraine ne rendra pas leurs droits aux Hongrois de Transcarpathie, nous ne n’accepterons pas la convocation [de la COU, qui est l’organe chargé de développer les relations entre l’OTAN et l’Ukraine] », a indiqué M. Szijjártó sur Facebook.

La querelle entre Budapest et Kiev sur les droits de la minorité magyare d’Ukraine dure depuis que le Parlement ukrainien a adopté en 2017 la loi intitulée « Garantir l’usage de la langue ukrainienne en tant que langue nationale ». Selon Budapest, cette loi viole les droits de la minorité ethnique de Transcarpathie à étudier en hongrois.

Le nombre de personnes faisant partie de cette minorité ethnique en Ukraine, qui vivent majoritairement dans la région de Transcarpathie, était estimé à environ 140 000 avant la guerre menée par la Russie sur le territoire ukrainien.

La Hongrie continue donc de bloquer la coopération de l’Ukraine avec l’OTAN et la possibilité que des discussions entre l’Ukraine et la Commission de l’OTAN soient tenues.

« Nous n’avons pas abordé ce sujet depuis le début de la guerre [en Ukraine] et nous ne comptons pas le faire maintenant. Nous espérons que la paix viendra dès que possible et que nous pourrons alors en reparler », a ajouté M. Szijjártó.

En janvier, avant l’entrée de Moscou sur le territoire ukrainien, M. Szijjártó avait indiqué que la position de Kiev sur les droits de la minorité hongroise « limiterait considérablement la capacité du gouvernement hongrois à apporter un quelconque soutien à l’Ukraine, même dans le cadre de ce conflit ».

[Édité par Anne-Sophie Gayet]