La majorité des Polonais contre la suppression du vote à l’unanimité au sein de l’UE

La plupart des Polonais sont opposés à la suppression du vote à l’unanimité au sein de l’UE, seulement un dixième d’entre eux étant favorables à cette idée. C’est ce qu’il ressort d’un sondage réalisé par l’Institut des changements sociaux et publié dimanche (28 mai) par le portail wPolityce.pl.

EURACTIV Pologne
EU Foreign Affairs Council
Au début du mois, le ministre polonais des Affaires étrangères Zbigniew Rau a déclaré que la Pologne défendrait la règle de l’unanimité en matière de politique étrangère et de sécurité de l’UE. [Julien Warnand/EPA]

La plupart des Polonais sont opposés à la suppression du vote à l’unanimité au sein de l’UE, seulement un dixième d’entre eux étant favorables à cette idée. C’est ce qu’il ressort d’un sondage réalisé par l’Institut des changements sociaux et publié dimanche (28 mai) par le portail wPolityce.pl.

Seuls 11 % des répondants sont favorables à la suppression du vote à l’unanimité dans certains domaines de la politique européenne, comme le montrent les résultats du sondage publié par le portail eurosceptique et pro-gouvernemental wPolityce.pl.

La règle de l’unanimité est l’une des règles de vote applicable au sein du Conseil pour les votes dans certains domaines, tels que la politique étrangère et de sécurité commune ainsi que la fiscalité. Par conséquent, elle offre un droit de véto à chaque pays prenant part au vote.

« Les Polonais sont de plus en plus conscients des menaces grandissantes qui pèsent sur eux. L’opposition aux projets du centre de l’UE s’accroît », a indiqué le site, faisant référence à la proposition de réforme des traités européens comprenant l’introduction de votes à la majorité qualifiée sur la politique étrangère et les questions fiscales, soutenue par l’Allemagne.

Le site a également souligné que non seulement 74 % des électeurs du parti conservateur au pouvoir Droit et Justice (PiS, Conservateurs et Réformistes européens) sont contre l’abandon de la règle du vote à l’unanimité, mais que c’était également le cas de 57 % de l’électorat de la Coalition civique centriste d’opposition (KO, Parti populaire européen).

En outre, 58 % des personnes interrogées ont répondu que la Pologne ne devrait pas renoncer à son droit de veto au sein de l’UE.

Au début du mois, le ministère polonais des Affaires étrangères a déclaré que la Pologne défendrait la règle de l’unanimité en matière de politique étrangère et de sécurité de l’UE, tout en soulignant que Varsovie n’allait pas renoncer à son droit de veto dans ce domaine.

Interrogés sur l’opportunité pour la Pologne d’accepter des changements dans les traités de l’UE afin de permettre l’introduction de nouvelles taxes dans les États membres, de règlementer la sécurité intérieure des États et de restreindre leurs compétences, 41 % ont répondu par la négative, tandis que 21 % ont approuvé les changements proposés.

Selon le sondage, 48 % des personnes interrogées s’opposent également au paquet « Fit for 55 », qui, selon le sondage, coûterait à la Pologne jusqu’à 189 milliards d’euros. Ce paquet a également été critiqué par le gouvernement PiS.

Selon wPolityce.pl, les pressions en faveur d’un État centralisé, dans lequel le rôle de la Pologne se limiterait à celui d’une province gouvernée par Berlin et Bruxelles, vont s’intensifier. En outre, le portail ajoute que le gouvernement polonais « ne gagnera pas cette guerre » s’il n’est pas soutenu par l’opinion publique.

« [Ce] sondage donne l’espoir qu’il s’agit d’une voie vers laquelle nous nous dirigeons », conclut le site.