L'ex-commissaire Paolo Gentiloni se tourne vers le lobbying

L’ancien commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a entamé une nouvelle activité en tant que conférencier et conseiller auprès d’un cabinet de conseil de Milan. Il rejoint ainsi la liste des anciens hauts responsables européens qui décident de monnayer leur expérience institutionnelle dans le privé.

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GettyImages-2184149642-e1747288308358 [Getty Images/Thierry Monasse]

L’ancien commissaire européen à l’Économie, Paolo Gentiloni, a entamé une nouvelle activité en tant que conférencier et conseiller auprès d’un cabinet de conseil basé à Milan. Il rejoint ainsi la liste grandissante des anciens hauts responsables européens qui décident de monnayer leur expérience institutionnelle dans le secteur privé.

Âgé de 70 ans, Paolo Gentiloni, social-démocrate et ex-Premier ministre italien, a terminé son mandat de cinq ans à la Commission européenne en 2024. Il a désormais intégré la Maison européenne Ambrosetti, un cabinet de conseil influent en Italie. Sa nouvelle fonction a été soumise à l’évaluation du comité d’éthique de l’UE, qui a donné son feu vert.

Il percevra un salaire relativement modeste de 30 000 euros pour un contrat d’un an, qui pourra être renouvelé. Paolo Gentiloni n’est pas étranger à ce cabinet de conseil, puisqu’il a participé au forum Ambrosetti, une conférence économique annuelle, quelques mois avant de quitter ses fonctions.

Les règles de l’UE prévoient que les anciens commissaires ne doivent pas révéler les informations qu’ils ont recueillies au cours de leur travail à la Commission et qu’ils ne doivent pas faire pression sur l’institution sur les questions dont ils étaient chargés lorsqu’ils travaillaient à Bruxelles pour une période de deux ans après la fin de leur mandat.

Le comité d’éthique indépendant de la Commission a reconnu que l’expérience de Paolo Gentiloni à la tête de la politique économique de l’UE pourrait « très probablement » servir les intérêts de son nouvel employeur. Toutefois, il a approuvé le poste sous réserve de quelques conditions jugées peu contraignantes.

Parmi les restrictions imposées : éviter tout contact inapproprié avec d’anciens collègues et s’interdire toute activité de lobbying sur les domaines qu’il a traités à la Commission — et pas seulement ceux relevant de la politique économique.

Daniel Freund, eurodéputé allemand et fervent défenseur de la transparence, a vivement critiqué cette reconversion. Il estime que cette nomination est « complètement absurde » et n’aurait jamais dû être autorisée pendant la période de deux ans prévue par les règles de l’UE.

Euractiv a contacté Paolo Gentiloni pour obtenir un commentaire sur sa nouvelle nomination, mais n’a pas encore reçu de réponse au moment de la publication de cet article.

Cette reconversion vers le secteur privé n’est pas un cas isolé. De nombreux anciens responsables de l’UE ont suivi une trajectoire similaire, à l’image de José Manuel Barroso, ex-président de la Commission, qui avait rejoint Goldman Sachs en 2016.

En début de semaine, les médias belges avaient également révélé que Charles Michel, l’ancien président du Conseil européen, était désormais professeur invité à la China Europe International Business School.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]