Pfizergate : après son revers en justice, la Commission transfère le DG de son service juridique en Espagne

La Commission a annoncé la mutation du directeur général de son service juridique, peu de temps après que la Cour de justice de l’UE a reproché à l’exécutif européen son manque de transparence dans l’affaire du « Pfizergate ».

EURACTIV.com
European Foreign Ministers Council in Brussels
Le directeur-général du service juridique de la Commission, Daniel Crespo Calleja (à droite), et le ministre Italien Antonio Tajani, le 17 mars 2025 à Bruxelles. [EPA-EFE/ALESSANDRO DI MEO]

La Commission européenne a annoncé la mutation de Daniel Calleja y Crespo, actuel directeur général de son service juridique, peu de temps après que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a reproché à l’exécutif européen son manque de transparence dans l’affaire dite du « Pfizergate ».

En poste depuis 2020 à la tête du service juridique, Daniel Calleja y Crespo prendra la direction du bureau de représentation de la Commission en Espagne, selon un communiqué officiel publié mercredi 14 mai. Cette annonce est intervenue quelques heures seulement après que la CJUE a condamné la Commission pour avoir refusé de divulguer des échanges de SMS entre sa présidente, Ursula von der Leyen, et le PDG de Pfizer, Albert Bourla, durant la pandémie de Covid-19.

Le service juridique est le département qui représente la Commission dans les affaires judiciaires et qui est consulté « sur tous les documents susceptibles d’avoir des implications juridiques », si l’on se réfère au site web du département.

La Commission « suit généralement » les avis juridiques du directeur général, peut-on également lire.

Dans sa communication, la Commission ne mentionne pas la décision de la Cour et affirme que la réaffectation de Daniel Calleja y Crespo est prise « dans l’intérêt du service ». Le timing de cette annonce, faite quelques heures seulement après le verdict, suscite toutefois des interrogations.

Sollicitée pour une réaction officielle à cette affaire, la Commission n’a pas encore répondu au moment de la publication de cet article.

Au cours de ses 35 ans de carrière, l’Espagnol a fait preuve d’un « leadership exceptionnel et d’une expertise approfondie de la législation européenne », souligne l’exécutif dans le communiqué.

Des responsables européens cités par Politico affirment que ce changement de poste n’a aucun lien avec le « Pfizergate », précisant que cette mutation s’inscrit dans la continuité de son long parcours au sein des institutions bruxelloises.

« Cela s’apparente davantage à une récompense qu’à une sanction », a confié l’un d’eux.

La porte-parole en cheffe de la Commission, Paula Pinho, a renchéri en affirmant qu’il s’agissait là d’un « hommage mérité », permettant à Daniel Calleja y Crespo de clore sa carrière en représentant l’institution dans son pays d’origine.

La Commission possède des bureaux dans chaque capitale des États membres ainsi que dans six grandes métropoles européennes. Ces représentations sont dirigées par de hauts fonctionnaires désignés directement par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, afin d’assurer une présence institutionnelle au-delà de Bruxelles.

Lucas González Ojeda est actuellement à la tête de la représentation de la Commission en Espagne. La date d’entrée en fonction de Daniel Calleja y Crespo sera indiquée ultérieurement.

La Commission a également désigné Johannes Hahn, commissaire entre 2010 et 2024, comme envoyé spécial pour le bureau de Chypre.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]