La pollution sonore dans le collimateur de la Commission
La Commission européenne devrait présenter d’ici fin juin une proposition de révision de la directive sur le bruit des véhicules. Les émissions sonores du trafic routier constituent une réelle menace sur la santé publique, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
La Commission européenne devrait présenter d’ici fin juin une proposition de révision de la directive sur le bruit des véhicules. Les émissions sonores du trafic routier constituent une réelle menace sur la santé publique, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
D’ici le mois de juin, la Commission européenne devrait publier une proposition de règlement relatif aux niveaux sonores des véhicules (voitures, véhicules utilitaires, poids lourds et bus). L’objectif est de réduire les émissions sonores du trafic routier en modifiant et renforçant les critères « sonores » actuels de réception des véhicules, définis par une directive de 1970.
Selon nos informations, la Commission envisagerait d’obliger les constructeurs à réduire le bruit des véhicules particuliers de 4 décibels (à 70 db environ) et celui des poids lourds de 3 décibels (à 74 db environ) en deux étapes. De deux fois 2 décibels pour les véhicules particuliers et de 1 décibel puis de 2 décibels pour les poids lourds.
Un effort qui paraît faible. Pourtant, « le bruit diminue de moitié ou double tous les 3 décibels », note Capucine du Rivau, directrice de l’Union Routière de France (URF).
Un problème sanitaire
Pour l’association européenne Transport & Environnement (T&E), cette révision de la directive est en effet une opportunité pour » réduire de moitié le bruit du trafic routier et protéger ainsi des millions d’Européens du risque qu’il présente pour la santé ». L’association se réfère au récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les conséquences sanitaires du bruit et notamment sur son lien avec les maladies cardiovasculaires, les troubles cognitifs chez les enfants, les troubles du sommeil, acouphènes et l’ennui.
Ainsi, selon l’étude, 1,8% des crises cardiaques dans les pays d’Europe de l’Ouest sont attribués à un niveau sonore du trafic supérieur à 60dB. Une conclusion qui vient renforcer celles d’un rapport de 2008 réalisé pour T&E et qui constatait que « le bruit du transport ferroviaire et routier serait à l’origine de 50 000 attaques cardiaques mortelles chaque année en Europe et de 200 000 cas de maladies cardio-vasculaires ».
« Ce rapport de l’OMS met en évidence l’urgence d’adopter des normes européennes plus strictes sur le bruit des véhicules, non seulement pour protéger l’environnement mais également pour la santé publique et un transport durable », souligne l’association T&E.
Une approche systémique nécessaire
Pour l’Union Routière de France (URF), si la problématique du bruit doit être prise en compte, elle doit en revanche être le fruit d’une « approche globale et systémique » souligne Capucine du Rivau. « Il ne faut pas mettre en cause uniquement les constructeurs et leurs véhicules mais faire intervenir l’ensemble des acteurs (fabricants d’infrastructures, collectivités, etc., NDLR) pour être efficace », ajoute-t-elle.
Le premier des acteurs à prendre en compte étant le conducteur lui-même. En effet, le style de conduite est le premier facteur de nuisance sonore : « deux automobilistes conduisant le même véhicule sur le même revêtement ne produiront pas le même bruit ; cela dépendra entièrement de leur conduite », explique Capucine du Rivau. Le second facteur, c’est l’aménagement des routes qui peut nécessiter des accélérations et des décélérations fréquentes. Viennent ensuite le revêtement des routes, les véhicules et les pneus.