La Pologne et les pays baltes souhaitent se retirer de la convention d'Ottawa sur les mines antipersonnel

Les ministres de la Défense de la Pologne, de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie ont soutenu une recommandation visant à se retirer de la Convention d'Ottawa de 1997 interdisant les mines antipersonnel.

EURACTIV.com
Barbed wire along Polish Russian border
Des soldats polonais installent des barbelés le long de la frontière polonaise avec l'enclave russe de Kaliningrad, près du village de Szyliny, dans le nord-est de la Pologne, le 16 novembre 2022. [EPA-EFE/ARTUR RESZKO POLAND OUT]

Les ministres de la Défense de la Pologne, de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie ont soutenu une recommandation visant à se retirer de la Convention d’Ottawa de 1997 interdisant les mines antipersonnel, marquant ainsi un changement radical dans la stratégie du flanc est de l’OTAN.

Dans une déclaration commune publiée mardi, les ministres de la Pologne et des pays baltes ont indiqué que la détérioration de la sécurité régionale, due à l’agression russe, nécessitait de repenser toutes les options de dissuasion.

« Nos pays sont prêts et capables de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre notre territoire et notre liberté », ont-ils écrit conjointement, qualifiant cette décision de « message clair » à l’intention de Moscou.

La Convention d’Ottawa, ratifiée par 163 nations, mais ignorée par des puissances telles que la Russie, la Chine et les États-Unis, est depuis longtemps une pierre angulaire du contrôle humanitaire des armements.

La Pologne a rejoint le traité en 2012, tandis que les États baltes en sont des membres fidèles depuis le début des années 2000.

Alors que les forces russes s’enfoncent en Ukraine et que des menaces hybrides voient le jour le long des frontières de l’OTAN, les quatre pays affirment que la guerre moderne exige une « flexibilité » de leurs armées, y compris la réintroduction éventuelle de mines terrestres pour renforcer le flanc oriental vulnérable de l’Alliance.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé ce changement début mars, déclarant au parlement national qu’il ferait pression pour une sortie de la Convention d’Ottawa — une position qui fait désormais écho au niveau régional.

Il a lié son annonce à la décision d’« augmenter considérablement les menaces militaires » près de la Russie et de la Biélorussie, un clin d’œil à l’intransigeance du Kremlin.

Pour l’instant, la recommandation attend l’approbation parlementaire dans chaque pays. Mais le message est clair : Varsovie, Tallinn, Riga et Vilnius sont prêtes à réécrire les règles d’engagement.